Dans les monastères et abbayes, le repas est souvent un moment où la faim physique est comblée et la faim spirituelle est apaisée. Pendant cet Avent, un livre de Mariann Edgar Budde, l’évêque épiscopalienne de Washington, est lu à notre table. En janvier 2025, elle a appelé le président Trump lors de son investiture à se laisser guider par la miséricorde et la compassion. Le titre du livre qui nous inspire cet Avent semble être un appel fort : « Apprendre le courage. Les moments décisifs de la vie et de la foi ». Et ailleurs : « Le courage n’est pas un don. C’est un choix qui doit être fait chaque jour ».
L’Avent est un temps où le silence se charge d’attente. Nous nous retrouvons, peut-être un peu fatigués, un peu dispersés, devant la promesse de Noël : Dieu vient, non pas en conquérant, mais en enfant fragile. Cette venue bouleverse nos idées sur le courage, la force et la manière dont Dieu agit dans notre monde. Marianne Edgar Budde, dans son appel à marcher “dans la voie de l’amour”, nous invite à reconnaître que le courage véritable n’est pas celui des puissants, mais celui de ceux qui acceptent d’aimer dans la vérité, même quand cela coûte, même quand c’est incertain.

Tableau Français XVIIIe siècle, peintre inconnu
En ce temps de préparation intérieure, la crèche devient une école de courage spirituel. Elle nous dit que Dieu ne choisit pas l’invulnérabilité, mais la proximité. Qu’Il ne choisit pas le pouvoir, mais la relation. Qu’Il ne vient pas imposer la lumière, mais la proposer, comme une flamme fragile qui demande des mains attentives pour ne pas s’éteindre.
Budde insiste sur cette forme de courage qui commence par l’accueil : accueillir ce qui est vrai en nous. Non pas ce que nous voudrions montrer, mais ce qui vit réellement : nos fragilités, nos contradictions, nos blessures, mais aussi nos désirs profonds, nos élans de bonté, nos rêves de justice. Noël n’est pas un appel à cacher nos failles, mais à les laisser devenir le lieu où Dieu peut entrer.
Alors, dans la prière, nous pouvons nous demander : Où est la crèche en moi ? Où se trouve ce lieu pauvre, simple, un peu désordonné, où la lumière pourrait naître si j’osais l’accueillir ?
Peut-être est-ce un domaine de notre vie qui nous semble stérile. Une relation qui a besoin de douceur. Une peur que nous portons depuis longtemps. Une part de nous que nous jugeons trop fragile pour être offerte. Et pourtant, c’est là que Dieu choisit de venir.
Le courage dont parle Budde n’est pas spectaculaire. C’est le courage d’un pas après l’autre. Le courage d’écouter avant de parler. Le courage d’aimer un peu plus que ce que nos forces permettent. Le courage de s’arrêter, de respirer, de s’ouvrir à la présence divine qui chuchote dans nos obscurités. Le courage de croire que la lumière peut croître même si nous ne la voyons pas encore.
Dans un monde secoué par la peur, l’impatience, l’individualisme et parfois la dureté, accueillir la venue du Christ devient un acte profondément contre-culturel. Cela signifie choisir la douceur dans un climat d’agressivité, la compassion dans un contexte d’indifférence, la justice dans un système qui favorise souvent la force. Cela signifie faire confiance à la lumière intérieure plutôt qu’à la peur extérieure.
En cela, l’Avent et la fête de Noël nous demandent une participation active : non pas attendre que Dieu fasse tout, mais devenir les gardiens de Sa lumière. Nous sommes invités à être comme Joseph et Marie : inquiets peut-être, déroutés sûrement, mais ouverts à la possibilité que Dieu nous confie quelque chose de précieux — une mission d’amour au cœur de nos réalités quotidiennes.
Alors, durant ces jours de Noël, nous pouvons prier:
Seigneur, apprends-moi le courage de Ton amour.
Le courage de me tenir dans la vérité,
de reconnaître mes peurs sans leur obéir,
de laisser Ta lumière entrer là où je ne l’attendais pas.
Donne-moi le courage d’aimer simplement,
de marcher humblement,
d’espérer envers et contre tout.
Fais de mon cœur une crèche où Tu peux naître.
Et que Ta venue transforme ma manière de vivre,
pas seulement aujourd’hui, mais dans chacun de mes gestes.
Amen.
fr. Christophe Monsieur, o.praem.

Nos coordonnées
Place de l’Abbaye 1
5500 Dinant (Belgique)
Tél. +32 (0)82 22 23 77
Nous écrire par email
Horaires des offices
Semaine
7h00 Lectures et Laudes
(lundi et samedi 7h30)
11h00 Messe
18h00 Adoration
18h30 Vêpres
20h30 Complies (sauf lundi)
Dimanche et solennités
7h30 Lectures et Laudes
10h30 Messe
18h00 Adoration
18h30 Vêpres
20h30 Complies




