Accueil > Être Prémontré > Les saints et les textes fondateurs
Norbert est né aux environs de 1080 à Xanten, au nord de Cologne. Originaire de la petite noblesse, Français par sa mère, cousin de l’empereur germanique par son père, il est confié tout jeune aux bons soins du chanoine écolâtre du chapitre de Xanten. Enfant de chœur, il commence ses études en vue du sacerdoce à Laon.
Il devient ensuite chapelain de l’archevêque de Cologne et fait partie de la chapelle impériale, tout en vivant une vie mondaine.
Bouleversé par une conversion foudroyante, Norbert se livre à un examen de conscience approfondi, fait pénitence et retraite puis sollicite le diaconat, très vite suivi du sacerdoce. Il persévère dans sa conversion et cherche à y entraîner ses confrères, chanoines de Xanten. Au chapitre, sa vie devient intenable ; aussi cherche-t-il une forme de vie régulière en fréquentant les abbayes bénédictines environnantes (Siegburg), des chanoines réguliers (Rolduc) et l’ermite Ludolphe, tout acquis à la réforme grégorienne.
Après s’être démuni de son canonicat de Xanten, Norbert partage ses biens auprès des plus pauvres. Il reçoit du pape la mission de prédicateur itinérant. Son charisme particulier semble aider à la réconciliation des seigneurs, aux prises avec les luttes féodales. À Valenciennes, sa rencontre avec Hugues de Fosses, chapelain de l’évêque de Cambrai, est déterminante. Hugues se lie d’amitié avec Norbert et ne le quitte plus. Norbert poursuit sa vocation itinérante en passant par Fosses-la-Ville, le pays de Hugues, Gembloux, Corroy puis Laon où il retrouve son ami l’évêque Barthélémy et un ancien condisciple de Xanten, Evermode.
Barthélémy tente tout d’abord de le mettre à la tête du chapitre de Saint-Martin de Laon, mais les chanoines ne veulent pas de lui. Barthélémy est en quête d’une église où Norbert pourra, avec les premiers disciples qui l’accompagnent, constituer un chapitre qui s’adonnera à la contemplation et à la prédication dans un cadre de vie communautaire. Après bien des recherches, ils arrêtent leur choix sur une chapelle en pierre abandonnée de la forêt de Saint-Gobain, dédiée à Saint Jean Baptiste et propriété des bénédictins de l’abbaye Saint-Vincent de Laon, lieu désolé surnommé « Prémontré ».
Pour Norbert, Prémontré est une escale d’où il partira pour prêcher. Mais son premier souci est de construire une nouvelle abbaye, sur le modèle cistercien, comprenant l’église, le cloître et les dépendances dont le point central demeure le sanctuaire avec ses autels. Accompagné de Hugues, il regagne le pays rhénan pour demander et recevoir des reliques destinées à la dédicace des autels.
Il fait étape à Namur, au château comtal. La comtesse Ermesinde accueille généreusement le pieux cortège et donne à Norbert une fondation richement dotée : Floreffe, sur la Sambre. Ermesinde et son époux désirent une « nouvelle » communauté acquise à la réforme grégorienne pour desservir Floreffe. Nous sommes le 27 novembre 1121. Ainsi curieusement, la fondation de Floreffe précède celle de Prémontré.
En effet, à cette date, il n’y a encore ni chanoine profès, ni abbaye dûment constituée à Prémontré. Aussi, rentré sur les lieux de la fondation, Norbert organise, pendant le temps préparatoire de Noël, une retraite qui se clôture par la profession religieuse au cours de la messe de minuit. Avec les frères qui accompagnaient Norbert depuis Cologne et ceux que Hugues avait rassemblés.
A Floreffe, on pense qu’environ 80 candidats firent profession et revêtirent l’habit blanc (de laine non teintée en signe de pauvreté) choisi par Norbert. Une église, des religieux, cela ne suffit pas pour constituer un Ordre. Après bien des tergiversations, un choix est porté sur la Règle de saint Augustin.
Mais Norbert ne réside guère à Prémontré. Il reprend bien vite ses voyages dans l’empire germanique et dans les bas pays.
Le 16 février 1126, Norbert reçoit à Rome du pape Honorius II la bulle de confirmation « Apostolicae disciplinae ». Son choix de la Règle de saint Augustin, est approuvé, les possessions de Prémontré sont confirmées et toutes ses fondations sont reconnues. La même année, Norbert est nommé archevêque de Magdebourg et archichancelier de l’empire. Cette position de choix le conduira à réconcilier à Rome le pape Innocent II et le nouvel empereur, Lothaire III, assurant ainsi à toute l’Europe une paix durable et féconde. Auparavant, à Magdebourg, Norbert fonde de nouvelles communautés. L’obligation d’établir des supérieurs locaux pour les diriger le conduit à se détacher de la communauté de Prémontré au profit du siège de Magdebourg. Il désigne Hugues de Fosses pour le remplacer. Hugues rédige sur le modèle de la « carta caritatis » de saint Bernard l’Ordinaire (codification de la liturgie) et les Statuts (compléments à la Règle de saint Augustin). Il est aidé dans cette tâche par ses confrères de Prémontré et les assemblées annuelles des représentants de tout l’Ordre.
Le 6 juin 1134, épuisé, Norbert meurt à Magdebourg. Il est enseveli huit jours plus tard non à la cathédrale, mais dans l’église Notre-Dame auprès de ses frères, chanoines de Prémontré. Le 27 juillet 1582, le pape Grégoire XII, par une simple bulle, reconnaît le culte de saint Norbert en même temps que celui de saint Romuald et de saint Bruno. En 1625, son corps est transféré à l’abbaye de Strahov, sur les hauteurs de Prague, où il est depuis vénéré et veillé par ses fils spirituels.
[mis à jour le 03.11.05]
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