Retraite

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La communauté est en retraite du 27 août au 1 septembre 2006.
La prédication est assurée par le Père Antoine LION, o.p.

dimanche 27 août

La retraite commence ce soir par une brève introduction du prédicateur à la suite des complies. Bien que Prêcheur, on ne peut pas dire qu’il soit un habitué des retraites, loin s’en faut. Son expérience est davantage autour de deux pôles totalement différents : le monde du sida (il est parmi les fondateurs de l’association Chrétiens & Sida) et le monde de la culture (il a travaillé 3 ans comme responsable de la culture pour l’Ordre dominicain avec le P. Timothy Radcliffe quand il était Maître général).

L’apôtre Jacques nous invite à être « les poètes du Verbe » (traduction littérale de Jc 1,22). Il ne s’agit pas seulement de mettre la Parole en pratique (Bible de Jérusalem) ou d’être les réalisateurs de cette Parole (TOB), autrement dit de faire advenir une parole préexistante, mais de la faire, la susciter, la créer. Cela rejoint le dialogue de Jésus avec Nicodème : « Celui qui fait la vérité vient dans la lumière » (Jn 3,21) ou la prière du Notre Père : « que ta volonté soit faite ». Découvrir la volonté de Dieu sur notre vie, ce n’est pas trouver les actes que Dieu voudrait par avance que nous posions, c’est découvrir à la lumière de l’Esprit ce que nous décidons être les actes que nous avons à poser. La volonté de Dieu se fait par nos décisions.

Pierre Claverie (que nous lirons au réfectoire) disait à peu près ceci : « Nous vivons dans un monde bruissant de paroles. Il est rare qu’en émerge une parole forte, robuste, juste, vraie. » Puisse la parole du prédicateur participer de quelque manière à cette description ! Nous, religieux, nous campons près des sources. Il nous est donné quotidiennement de nous abreuver aux sources de la vie : l’Écriture, l’office divin, la célébration eucharistique, la prière personnelle... Un moment de retraite est une manière, un temps, de prendre conscience que nous sommes près de la source que peut-être nous ne voyons plus dans toute sa nouveauté, pour nous désaltérer, pour entendre le lointain murmure des eaux de Siloé (Is 8,6). Nous avons besoin de tant de silence... d’un temps de silence. C’est au coeur de notre silence, en nous abreuvant à la source, que nous pourrons revenir vers l’essentiel, notre essentiel.

lundi 28 août - Pierre Claverie

Télécharger un article sur Pierre Claverie.

C’est une grâce de commencer notre retraite le jour de notre commun père saint Augustin. Aujourd’hui nous voudrions nous mettre à l’écoute d’un fils de saint Augustin, d’un autre évêque d’Afrique, Mgr Pierre Claverie, dominicain. Français d’Algérie, né en 1938, Pierre vivait dans sa jeunesse comme dans une "bulle coloniale", sans voir des arabes jusqu’à ce que la guerre survienne. Il a fait cette expérience, aussi désarmante que commune, de vivre dans un monde qu’on ne voit pas. Devenu évêque d’Oran en 1981, il se sentait désormais évêque de tous : du millier de chrétiens que comptait son diocèse mais aussi des quatre millions de musulmans qui y vivaient.

Pourquoi l’Église dans laquelle il avait grandi ne lui avait-elle jamais ouvert les yeux ? Jamais il n’avait entendu que l’Arabe était son prochain. Et si le théologien avait raison, qui s’était demandé si, avec le don des langues, l’Église avait aussi reçu à la Pentecôte le don des oreilles ? L’autre est sans conteste la personne qui est différente de moi, dans l’irréductibilité qui lui est propre, mais ce sont aussi des cultures, des religions, d’autres formes culturelles de l’existence humaine. Pierre Claverie sait, jusque dans sa chair exposée, que ce rapport à l’autre n’est pas irénique, qu’il peut être difficile voire antagoniste.

Pierre Claverie en pose lui-même le fondement théologique quand il écrit : « Être humain, c’est être en relation avec d’autres humains. Nous n’allons vers notre humanité que socialement. Nous n’allons vers Dieu que par les autres. Tout homme peut nous apprendre ce qu’est être un enfant aimé de Dieu. » C’est dans la rencontre de l’autre que s’accomplit l’homme, dans l’amour, l’amitié, parfois aussi difficilement. Pour notre part, nous avons fait le choix d’une vie en communauté, sans nous choisir mutuellement, et nous connaissons chacun ce que cette vie fraternelle, avec ses aspérités, peut avoir d’humanisant et de porteur pour découvrir le visage de Dieu. Michel de Certeaux, s.j. († 1986) écrivait quelque chose de semblable dans son livre La faiblesse de croire : « Nul n’est chrétien tout seul mais en référence à l’autre, dans l’ouverture d’une différence acceptée de l’autre. Cette passion de l’autre est une fragilité qui introduit dans nos forces nécessaires la faiblesse de croire. Peut-être une théorie ou une pratique devient-elle chrétienne quand, dans la force d’une lucidité et d’une compétence, surgit la grâce de croire à l’autre. »

Il s’agit de sortir de la bulle. Vivre avec l’autre, l’entendre, se laisser façonner, concevoir une humanité plus large, recevoir l’autre comme sujet, admettre qu’il peut avoir une part de vérité qu’il me manque. Nul ne possède la vérité, chacun la recherche. Comme croyant, je n’ai pas l’impression de posséder Dieu ni la vérité. J’ai fondamentalement besoin de la vérité des autres.

Nous sommes donc aussi responsables de l’autre, surtout s’il est souffrant. Les droits de l’autre me précèdent. Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare, surtout Celui qui nous rassemble...

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P. Antoine Lion, o.p.

Quelqu’un disait : « Quand on n’est pas Dieu de naissance, c’est définitif. » Jésus lui-même est mort comme tout homme. Il est des hommes qui vont vers une mort qu’ils savent prochaine et qu’ils peuvent alors désirer. Mais pour quelle cause encore mourir dans notre société occidentale ? Il est des situations où l’amour amène à la mort : « Si tu n’aimes pas, tu es mort ; si tu aimes, on te tue. » (Herbert McCabe)

Pierre Claverie savait qu’il était en danger de mort. Il acceptait librement cette perspective, il ne pouvait faire autrement. « Pour vivre et être heureux, disait-il, il faut donner la vie en donnant sa vie. Le bonheur se trouve quand on le donne, la vie se trouve quand on la donne. »

Notre monde est déchiré, disloqué. Notre tâche, comme chrétiens, est de franchir à la suite du Christ le mur de la haine et des incompréhensions réciproques. Pierre Claverie aimait à parler de l’ajustement nécessaire, au dehors de moi de réalités qui peuvent sembler inconciliables et à l’intérieur de moi en unifiant d’abord ma propre vie pour trouver une liberté profonde.

Si nous ne sommes peut-être pas appelé au martyre de sang comme P. Claverie, nous sommes tous voués à ce qu’il appelait le "martyre blanc", autrement dit à un don de sa vie goutte à goutte, jour après jour. La disponibilité et l’abandon sont cette forme de martyre qui consiste à ne pas retenir sa vie mais à donner un témoignage d’amour (Mt 25).

mardi 29 août - Le temps

Il faut prendre le temps de parler du temps. Comment l’envisager ? dans sa succession du passé, du présent et de l’avenir ? Non, le présent est premier : c’est lui qui permet de questionner le passé pour ouvrir un futur. Cela rejoint d’ailleurs un Nom de Dieu : « Il est, il était et il vient » (Ap 1,4.8).

Le PRÉSENT. Il n’est pas l’instant. Péguy le définit comme « le point de passée du temps ». Nous sommes, par exemple, dans le temps présent de cette retraite. C’est ce qui nous est donné, ce qui est entre nos mains. Le temps de l’éthique. Pour nous chrétiens, il s’agit de vivre l’aujourd’hui de Dieu (R. Schütz, 1959). Le Christ est notre présent. Nous avons en quelque sorte un double présent : celui de notre vie et celui de Dieu. Ce temps de la rencontre de Dieu passe pour nous, religieux, par des rythmes : l’année liturgique, le rythme quotidien de l’office divin...

Le PASSÉ. C’est sur quoi on n’a plus de prise et en même temps ce qui me détermine constamment, aussi bien comme homme immergé dans une culture que comme religieux appartenant à un ordre du Moyen Âge. Dieu s’est révélé dans l’histoire du salut ; il se révèle dans notre histoire personnelle.

Le FUTUR. Nous ne savons pas ce qu’il sera et pourtant c’est nous qui le ferons et qui le faisons. C’est l’espérance qui nous fait regarder l’avenir, même si nous ne croyons plus, comme saint Paul, à la parousie prochaine du Christ.

La relation humaine, la relation de l’homme avec Dieu prend aussi du temps. Le prédicateur met en exergue un terme ancien : la "fiance". La Chanson de Roland l’utilisait dans le sens de "serment de fidélité", nous apprend le dictionnaire Robert qui le définit d’un seul mot : confiance. Le Petit Robert, quant à lui, ne connaît plus le terme. La fiance est donc davantage que la confiance, il y va du serment, du contrat, d’une dépendance reconnue. Le "fiancé" est un homme qui aime et se croit aimé, qui reconnaît l’autre comme tout-puissant, et qui accepte cette dépendance avec joie parce qu’il croit que l’autre dépend aussi de lui. En d’autres mots, pour utiliser une métaphore, les deux partenaires de la fiance sont comme deux murs desquels part une voûte : les murs s’épaulent l’un l’autre pour créer un espace de vie. Nous, religieux, comprenons fort bien cela, nous qui chantons l’office divin en deux choeurs. La louange naît de ce désiquilibre sans cesse contré. La fiance repose sur un déséquilibre.

Jésus est l’homme de la fiance. Une force s’émet de lui qui provient de sa confiance en Dieu. L’humanité se porte à la rencontre de Dieu en Jésus et peut entrer dans la fiance en Dieu.

Pierre est bien à notre image : plein de défauts, que l’évangéliste ne se gêne pas de souligner. Pierre manque de confiance en tout cas. En Mt 14, il marche sur les eaux puis, voyant le vent, il perd pied. Il coule précisément quand il perd le regard de fiance de Jésus. Alors Jésus le prend par la main et le relève... Péguy ne disait-il pas : « Le pécheur tend la main au saint. L’un tirant l’autre, ils font une chaîne remontant vers Jésus, une chaîne indéliable. »

Nous avons terminé par une lecture du Ps 129, le De profundis, dans la traduction de Clément Marot pour le Psautier de Genève de Calvin, édité en 1562.

La première strophe est celle du cri, de l’homme qui crie sa fiance en Dieu qui l’écoute.

Du fond de ma pensée,
Au fond de tous ennuis,
À toi s’est adressée
Ma clameur jours et nuits.
Entends ma voix plaintive,
Seigneur il est saison :
Ton oreille ententive
Soit à mon oraison.

La deuxième strophe est celle de la foi.

Si ta rigueur express
En nos péchés tu tiens,
Seigneur, Seigneur, qui est-ce
Qui demeurera des tiens ?
Or n’es-tu point sévère,
Mais propice à merci :
C’est pourquoi on révère
Toi et ta Loi aussi.

On poursuit avec la strophe de l’espérance.

En Dieu je me console,
Mon âme s’y attend.
En sa ferme parole
Tout mon espoir s’étend.
Mon âme à Dieu regarde
Matin et sans séjour,
Plus matin que la garde
Assise au point du jour.

Et la dernière strophe est celle de la mission.

Qu’Israël en Dieu fonde
Hardiment son appui,
Car en Dieu grâce abonde
Et secours est en lui.
C’est celui qui sans doute
Israël jettera
Hors d’iniquité toute
Et le rachètera.

mercredi 30 août - L’oeuvre de Luc

Ce qu’il y a de tout à fait particulier dans l’Évangile de Luc, c’est qu’il ne se clôt pas sur lui-même comme les autres évangiles. L’histoire rebondit dans les Actes des apôtres avec l’histoire de Pierre, des apôtres et de Paul, avec leur propre proclamation de la Bonne Nouvelle. Peut-être peut-on regretter que, dès l’origine, l’Église ait séparé, dans le canon des Écritures, les deux textes lucaniens par le quatrième évangile. L’unité brisée a produit une inégalité entre les deux textes, aussi inévitable que regrettable. Or le message est clair : l’évangile n’est pas clos, l’histoire reste ouverte. Luc entraîne ainsi le lecteur dans un troisième volume que nous écrivons nous-mêmes. Le "Théophile-lecteur" va entrer de cette manière dans une histoire qui est aussi la sienne.

Luc ancre son récit dans l’histoire, minutieusement. Il suggère ainsi que les événements ont eu lieu et qu’ils sont définitivement révolus. Il ne présente pas, comme Paul, une parousie toute proche mais il invite à laisser une place au temps. Il commence par la geste des apôtres et poursuit par la geste des croyants.

Les deux premiers chapitres de son Évangile, qui racontent la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus, donnent déjà une piste de compréhension des trois temps de l’histoire par le rôle que tiennent les anges. Gabriel, avec Zacharie, est l’ange d’une histoire qui va se clore ; avec Marie, il est l’irruption d’une nouveauté qui ouvre le récit de l’évangile ; avec les bergers (12 versets) se profile à présent le temps de l’Église.

C’est le récit de l’ascension de Jésus qui fait office de charnière entre l’Évangile et les Actes. Il est un peu comme un col de montagne à deux versants : sur l’un l’“ascension évangélique” empreinte de concision, de l’autre l’“ascension apostolique” qui est le récit que nous connaissons bien.

Dans Lc 24, l’attention peut se porter sur trois termes :
-  le « VIVANT » (v.5) pour désigner Jésus, auquel répond le “Prince de la vie” des Actes (3,15), dit mieux que le “Ressuscité” l’aujourd’hui du Christ qui apporte la vie en abondance ;
-  la proclamation à « TOUTES LES NATIONS » (v.47) : il n’en est pas question dans l’évangile sinon au cantique de Siméon (2,32) et dans le discours sur la ruine de Jérusalem (21,24) car finalement cette réalisation incombe aux disciples ;
-  les disciples sont « TEMOINS » (v.48) : il s’agit à la fois d’un constat et d’un commandement.

Les Actes insistent sur le mot « CIEL » (3 ou 4 fois selon les versions), le lieu de Dieu, montrant à la fois la séparation de Jésus d’avec les siens et sa présence dans la gloire céleste.

Les Actes développent ensuite la croissance — numérique et géographique — de l’Église à partir du noyau des Onze devenus de nouveau Douze. À trois reprises, Luc revient sur cette croissance, mais c’est à chaque fois « la Parole du Seigneur » qui croît (6,7 ; 12,24 ; 19,20). La croissance de l’Église est en même temps croissance de la Parole de Dieu, car la vie de l’Église et la vie du Christ sont tout un, comme le montrera saint Paul avec la métaphore du Corps du Christ.

jeudi 31 août - La prière

Pour évoquer la prière ce matin, deux femmes dont nous parle Luc dans son Évangile.

Jésus raconte une parabole aux disciples, leur montrant « qu’il faut prier sans cesse et ne pas se décourager » (18,1). La vie de la veuve est devenu un cri. Prier, ce n’est pas d’abord dire des prières. Comme le dit un apophtegme : « Un moine qui ne prie que quand il prie ignore la prière du moine. » Prier touche toute la vie. C’est une posture de l’homme qui se tient devant Dieu, pour Dieu, en confiance. Comme religieux — et comme apôtres ! (Ac 1,14) —, nous sommes des hommes de prière. Nos voeux ouvrent en nous l’espace qui peut être rempli par Dieu.

« Je ne prie pas pour être exaucé, écrit en substance P. Claverie. Dieu n’est pas au service de nos projets. Il s’agit d’abord pour nous de l’accueillir. La prière consiste à exaucer Dieu en nous rendant capables de le recevoir. » Cela nous amène à considérer une autre femme : Marthe. Le récit (Lc 38,42) est connu. Finalement Marthe semble avoir raté la rencontre avec Jésus, alors que Marie doit encore être toute changée de la conversation qu’elle a eue avec lui. Le récit ne nous dit-il pas tout simplement que nous avons à désencombrer notre coeur pour faire de la place au Seigneur ?

« Faites cela en mémoire de moi. » (Lc 22,19 ; 1Co 11,25)
L’Église a reçu cette parole et lui a obéi. Depuis vingt siècles, ce geste la construit, la nourrit, la fait vivre.
-  FAITES - Pourquoi faire ce qui a déjà été fait ? Cela va-t-il apporter du nouveau ? Mais les réalités humaines profondes ne sont pas faites une fois pour toutes : elles demeurent toujours à faire. Le mariage, les voeux religieux sont à sans cesse reconstruire. Le verbe s’adresse à plusieurs personnes, car Dieu sauve un peuple (cf. LG 2). « Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église [...]. » (SC 26) Nous sommes tous et chacun, prêtres ou non, des acteurs de ce “faites”.
-  CELA - L’acte est posé avec deux réalités précises : le pain et le vin. Le repas qui est pris ensemble est un acte humain essentiel qui est posé dans bien des circonstances (heureux événement, deuil, contrat, amitié...)
-  EN MÉMOIRE - La “mémoire” dont il est ici question n’est pas un simple souvenir mais consiste à faire venir dans le présent un acte survenu dans le passé (cf. Ex 12 : « ce jour-là, vous en ferez mémoire »). Jean-Paul II utilisait une très belle formule : « Les yeux de l’âme se reportent au Triduum pascal ». En faisant mémoire d’un geste prophétique, nous posons à notre tour un geste prophétique, gage de notre passage futur.
-  DE MOI - Le geste posé rend présent le Seigneur au milieu de nous. Dans la célébration eucharistique, nous faisons advenir le Corps du Christ pas seulement par le morceau de pain mais aussi dans l’assemblée. D’ailleurs les mots prononcés par le prêtre à la communion “Le Corps du Christ” expriment tout ensemble un acte de foi dans le Christ présent dans le pain mais aussi l’annonce que la personne qui le reçoit fait partie du Corps du Christ. Comme le disait saint Augustin : « Nous devenons ce que nous recevons ».

vendredi 1 septembre - L’existence grâciée

Trois figures ce matin, en ce dernier jour, pour nous parler de la grâce.

Charles PÉGUY, en 1913, dans son poème Ève, fait dire à Jésus : « Vous n’avez plus connu le climat de la grâce. » Être chrétien, c’est être dans ce climat qui nous ramène au premier climat, dans le jardin de la Genèse. Ce premier climat s’est brisé aussitôt : Adam et Ève vont s’en trouver exclus. Mais au premier jardin correspond la ville de l’Apocalypse : la Jérusalem céleste qui descend d’auprès de Dieu. Entre les deux, le jardin de Pâques où Marie-Madeleine est la figure de la recherche inlassable de Dieu. Son cri est cet appel qui court tout au long de l’histoire : « Que je ne sois pas séparé de toi ! » Et cet amour nous met en marche comme Marie-Madeleine.

À Rouen, en 1431, se déroulait le procès de JEANNE D’ARC. Par le récit de la Minute française, on sait que l’interrogateur lui demande si elle pense être en état de grâce. La réponse de Jeanne est splendide : « Si je n’y suis, Dieu m’y veuille mettre ; si j’y suis, Dieu m’y veuille tenir. » La question est bien im-pertinente parce que ce n’est jamais à l’homme de répondre à cette question, seul Dieu le sait. Oui, la grâce est fondamentalement un don.

MARIE DE L’INCARNATION, enfin, écrit à son fils bénédictin (1648) : « Il y a deux choses où l’âme trouve son compte : la pratique des maximes de l’Évangile et la douce familiarité avec Dieu qui, par ses divines touches, lui permet de l’entretenir et de s’égayer avec lui. Ces dispositions de la grâce sont toute ma vie. » Dieu est un créateur de liens pour qu’à notre tour nous tissions des liens. La pratique des commandements et la familiarité avec Dieu sont les deux grands soutiens de la grâce.

Conclusion

En guise de conclusion deux citations sur la joie :

« Fais leur comprendre qu’ils n’ont d’autre devoir au monde que la joie. » (P. Claudel, Le Père humilié)

« La joie suffit, la joie de Dieu. » (G. Bernanos, La joie)



[mis à jour le 01.09.06]

 

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Bière

Mes ingrédients sont du malt pâle, du maïs, de l’eau, du houblon et de la levure, ce qui donne au tout une belle couleur dorée aux reflets radieux. Mon goût est plein, doux et fruité (avec une touche d’orange amère), à l’arrière-goût puissant et surprenant. Que suis-je ?

 

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