Père tellement aimant

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Seigneur, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés pour qu’ils se convertissent. Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres, car tu n’aurais pas créé un être en ayant de la haine envers lui . Et comment aurait-il subsisté si tu ne l’avais pas voulu ? Comment aurait-il conservé l’existence si tu ne l’y avais pas appelé ? Mais tu épargnes tous les êtres parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes la vie, toi dont le souffle impérissable anime tous les êtres. Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et puissent croire en toi. (Sg 11, 23 – 12, 2)

Père très saint, Père tellement aimant,
nous admirons la puissance de ton amour,
nous acclamons l’immensité de ta miséricorde.
Ce dimanche [1] Jésus nous montre le fond de ton cœur :
tu n’es pas celui qu’on caricature si maladroitement.
En fait, c’est à travers Jésus, ton Fils bien-aimé,
que tu regardes et contemples chacun d’entre nous,
pour nous aimer tendrement comme tu l’aimes.
Et ton pardon envers nous est tellement en amont de cet amour pour lui…
Depuis toujours, dès avant le temps, tu nous as aimés.
En lui, tu nous as fait miséricorde, tu nous as pardonnés.
En lui, tu nous as donné une mesure bien pleine, tassée, débordante
de cet amour que plus rien désormais ne peut vaincre, pas même le péché.
Tu nous avais faits à ton image et confié l’univers,
pour qu’en te servant, toi notre Créateur, nous régnions sur la création
et nous avions perdu ton amitié en nous détournant de toi.
Mais tu n’as pas voulu nous abandonner au pouvoir de la mort.
Dans l’inépuisable mystère de ta miséricorde,
tu t’es mis à la recherche de chacun d’entre nous, jusqu’à nous retrouver.
Tu t’es mis en route sur nos chemins pour venir à notre rencontre.
Tu guettais, non pas pour épier nos faits et gestes,
mais pour nous ouvrir à nouveau les torrents de joie,
pour pouvoir te jeter, toi, dans nos bras ébahis.
Mon Seigneur et mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Père !
Tu nous as lavés, chacun, dans les eaux limpides du salut.
Tu nous as oints, chacun, de l’huile d’allégresse, du Chrême de ton Esprit.
Tu nous as revêtus, chacun, de la robe de fête,
la robe première dont nous avions été lâchement dépouillés,
comme ton Bien-aimé avant nous, sur la croix.
Tu nous as passé au doigt l’anneau des noces, de l’alliance éternelle.

Si tard, je t’ai aimée, o Beauté si ancienne et si nouvelle, si tard je t’ai aimée ! Tu étais au-dedans de moi et moi je te cherchais dehors : Je me ruais dans ma laideur sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et moi, je n’étais pas avec toi, Retenu loin de toi par toutes ces choses qui ne seraient pas si elles n’étaient en toi. Tu m’as appelé et ton cri a forcé ma surdité ! Tu as brillé et ton éclat a chassé ma cécité ! Tu as exhalé ton parfum et je l’ai respiré, et voici que pour toi je soupire ! Je t’ai goûté et j’ai faim de toi ! Tu m’as touché, et je brûle d’ardeur pour la paix que tu donnes ! (Saint Augustin, Confessions 10, 27, 38)

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[1] 24e dimanche dans l’année C, Ex 32, 7...14 ; Ps 50 ; 1Tm, 1, 12-17 ; Lc 15,1-32



[mis à jour le 11.09.10]

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