Pensées automnales

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L’année poursuit sa course et l’homme est entraîné par les saisons qui se succèdent. Chacune d’elles a son charme propre. L’automne se caractérise par le déclin de la luminosité. Admirons le calme de la nature ! Des petits bois effeuillés s’élève la senteur fraîche des brumes matinales. Sous un vent soutenu, l’arrière-saison s’amuse à dépouiller les branches des arbres de leur feuillage.

Au cœur de l’automne tombe la Toussaint qui pour la plupart des gens est le jour des morts. Pour les enfants, c’est la fête d’Halloween, une coutume celtique, qui délasse chez nous les adultes autant que les petits, alors que beaucoup ignorent le vrai sens de cette tradition ancestrale.

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Voeux du Fr. Hervé
14 octobre 2006

Pour les croyants, la Toussaint représente une fête familiale où les chrétiens se sentent en communion avec tous les Saints et Bienheureux dans la Cité céleste. Le lendemain, l’Église se souvient plus spécialement, dans la prière, de tous les défunts qui sont en passe de rejoindre, eux aussi, les citoyens du Ciel.

C’est aussi le temps des réminiscences ! On ira, en famille autant que possible, orner les tombes pour rendre hommage à ses chers défunts. On se recueillera un moment en leur présence pour leur redire merci et adieu, chers ami(e)s.

La visite au cimetière peut susciter une certaine nostalgie en évoquant des “mémoires d’outre tombe”.
-  Des projets caressés, ceux qui ont échoué, mais aussi d’autres qui ont franchement réussi,
-  des amitiés nouées et des malheureux qu’on a rendus heureux,
-  des personnalités qui nous ont marqués et édifiés... Oui, l’aujourd’hui est enraciné dans le passé tout en étant orienté vers l’éternité.

Et bien, c’est justement à propos de ce mystère de la mort que les esprits se divisent. Alors que les uns voient au-delà de l’horizon, les autres nient toute vie éternelle. Ils rejoignent ainsi les philosophes qui affirment que par la naissance le nouveau-né contracte la maladie mortelle qui, un jour, mettra un terme à l’existence. L’individu tombe alors dans l’oubli. La vie de l’homme est définie comme “un être pour-la-mort” (M. Heidegger). Et on en déduit que nous avons dès lors à profiter de la vie puisque après la mort, tout sera fini.

La vision chrétienne suggère un renversement radical de cette optique décevante en enseignant que l’homme est un être pour l’éternité. Chez saint Augustin nous lisons : “Plus qu’une vie mortelle, notre vie doit être considérée comme une mort vitale” !

“Avec l’Esprit, qui ne pouvait mourir, Jésus Christ a tué la mort qui tuait l’homme”, lisons-nous chez Méliton de Sardes. “En mourant Jésus a détruit la mort et fait resplendir la vie et l’immortalité par le moyen de l’Évangile” (cf. 2Tm 1,10).

L’Évangile est la Parole vivante du Christ, ou “la Révélation, c’est le Christ lui-même” (card. J. Ratzinger 2003). Cette vérité nous ramène à Noël, la fête de l’anniversaire de Jésus, ou encore, comme nous aimons le dire : l’Incarnation du Fils de Dieu. Lorsque nous nous arrêtons alors devant la crèche, à la Noël, et adorons Jésus comme le firent les bergers de Bethléem ou les Rois Mages, le Nouveau-Né dans la mangeoire est déjà pour nous le Ressuscité, le Fils du Dieu vivant.

Le Christ est pour nous “le chemin, la vérité et la vie” (Jn 14,6). Ou encore Celui qui dit à ses disciples : “Je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde” (Mt 28,20).

Le Christ n’est donc pas un prophète parmi tant d’autres. Non, il est la Vie qui nous vivifie tout au long de notre séjour terrestre. Dans l’Ancien Testament, les prophètes et d’autres serviteurs de Dieu, comme Abraham et Moïse par exemple, ont annoncé de loin le Messie et ont parlé au nom de Dieu. Alors que Jésus est la Parole, le “Verbe” de Dieu. Il continue à vivre parmi nous dans les sacrements de l’Église. Le Christ est la Tête du Corps — qui est l’Église — et nous les membres de ce Corps (cf. Col 1,12ss).

Tout cela a d’ailleurs été souligné par le pape Jean-Paul II dans ses Lettres apostoliques Tertio Millenio Adveniente (1994) et Novo Millenio Ineunte (2001), à l’occasion de l’Année Sainte 2000 - “Année du Christ”.

Dans un monde où la laïcité détourne les gens de notre foi et de l’espérance chrétienne dans les promesses du bonheur de la vie éternelle, n’est-ce pas précisément à nous de proclamer à temps et à contretemps ces vérités fondamentales dans nos milieux de vie de tous les jours ? Ainsi nous contribuerons en même temps à faire découvrir à notre prochain que dans une vie où les vraies valeurs humaines, basées sur la doctrine chrétienne, sont respectées, la paix et la concorde entre les hommes peuvent s’établir au cœur de ce monde et que le Christ ressuscité nous ouvre l’accès à la vie éternelle.

Notre vie présente est le temps qui nous donne la chance d’entrouvrir déjà la porte de la vie nouvelle, “de la vie éternelle promise avant tous les siècles par le Dieu qui ne ment pas” (Tite 1,2). Vivants ou défunts, mettons notre espérance et confiance dans la miséricorde de Dieu qui rétribuera chacun selon ses œuvres.

C’est la foi qui nous procure dès maintenant déjà la joie d’entrer bientôt avec confiance dans l’année de grâce 2007.



[mis à jour le 03.04.09]

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