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Le P. Paul nous donne une traduction d’une interview paru le 10 mars 2009 dans Die Tagespost du patriarche latin de Jérusalem par Gabi Fröhlich.
Éminence, la présence en Israël d’un gouvernement de droite comportant des éléments nationalistes forts poserait-elle un problème pour la visite du pape Benoît XVI ?
La question de savoir qui formera le nouveau gouvernement est une affaire interne du peuple israélien. Cela n’a pas d’influence sur la visite du Saint-Père, qui a avant tout prévu d’associer pèlerinage et voyage pastoral. Il rencontrera ici le plus grand nombre possible de nos fidèles. Nous avons un urgent besoin d’être encouragés dans notre foi, notre présence ici et nos actions au milieu de toutes les difficultés qui nous accablent. Bien sûr, il est également chef d’État, et c’est en tant que tel qu’il rencontrera les représentants des États où il séjournera. Mais avant tout, il viendra chez nous, les fidèles de cette région très éprouvée.
Ce voyage comporte-t-il des temps forts dont vous vous réjouissez particulièrement ?
Pour moi, chaque moment passé avec lui sera précieux. Il est comme un père de famille venant rendre visite à ses enfants et mieux se rendre compte de la situation dans laquelle ils vivent. Il touchera un peu à notre quotidien, qui est également marqué par l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. C’est ainsi qu’il rendra visite à quelques responsables des autres Églises dans la Ville sainte. En outre, il invitera des représentants du Judaïsme et de l’Islam au centre pontifical Notre-Dame, où il adressera des paroles de paix aux membres des deux religions majoritaires de ce pays. Mais avant tout, il s’agira d’une visite pastorale, nous insistons beaucoup là-dessus. Ce ne sera pas une visite politique.
Voyez-vous une différence avec la visite très populaire de son prédécesseur Jean-Paul II en 2000 ?
Aujourd’hui, tout le contexte est difficile et très délicat. Tout d’abord, Gaza était en état de guerre au cours des mois précédents, ensuite la télévision israélienne a diffusé des déclarations offensantes envers Notre-Seigneur et la Mère de Dieu – tout cela a rendu nos fidèles très sensibles. Et pas seulement les chrétiens, mais aussi les musulmans. C’est pourquoi cette visite sera extrêmement délicate – les gens prêteront attention à chaque mot du Saint-Père. Sera-t-il alors libre de dire ce qu’il a sur le cœur ? Beaucoup craignent qu’il ne pèse chacun de ses mots à cause des récentes tensions entre l’Église catholique et le Judaïsme. Il doit se sentir libre, c’est ce que nous attendons de lui. Le Saint-Père est au-dessus de tous les partis. Nous attendons de lui un message clair sur notre situation ici, sur les droits de l’homme, la liberté, la justice, et la dignité de tous les habitants de cette région. Je suis sûr qu’il aura le courage d’en parler sincèrement. C’est son devoir. Il viendra rendre visite à des personnes de toute confession et de toute religion, et nous attendons de lui des paroles fortes en faveur de la paix et la justice. La critique sévère contre l’Église et sa personne au cours des semaines écoulées n’était certainement pas la voix officielle du Judaïsme et de l’État d’Israël. Elle était le fait d’individus qui se sont exprimés de façon injuste contre lui et dont les médias ont fait un étalage indu. Par contre, les représentants officiels du Judaïsme international et de l’État d’Israël ont été plus sages, et se sont exprimés avec beaucoup plus de considération et de respect.
Le fait que le voyage du pape commencera en Jordanie, comme celui de son prédécesseur en 2000, passe souvent inaperçu. La Jordanie est votre patrie : quels y seront les temps forts ?
Je me réjouis particulièrement que le pape posera la première pierre de l’Université catholique de Madaba. Nous avons attendu longtemps le début des travaux – le projet de l’Université est en attente depuis la visite de Jean-Paul II en 2000. Mais jusqu’à présent, l’argent a toujours manqué. Maintenant, le Saint-Père lui-même a fait parvenir un don généreux qui nous permet enfin de commencer la construction. La présence d’une université comme celle-là a pris au cours des dernières années une importance toujours accrue, car suite aux tensions de la situation internationale les jeunes Arabes accèdent plus difficilement aux études dans les pays occidentaux. Bientôt, nous pourrons enfin suppléer les écoles supérieures de Jordanie, surchargées, par une université fondée sur l’esprit éprouvé de la doctrine chrétienne. Et ce pour tous les jeunes, chrétiens comme musulmans.
Y aura-t-il d’autres points importants ?
Il y aura la grand-messe sur le stade d’Amman et la rencontre interreligieuse avec des représentants de l’Islam dans la mosquée Hussein Bin Talal, et surtout la bénédiction symbolique de la première pierre d’une grande église catholique près de l’endroit du baptême au Jourdain. La construction de cette église a déjà commencé, elle sera principalement financée par les catholiques du pays. La nouvelle église devrait permettre aux pèlerins de célébrer dignement l’eucharistie en ce lieu significatif pour notre foi. Dans l’ensemble, nous sommes soutenus autant qu’on peut l’imaginer par le gouvernement jordanien et par le roi personnellement. La Jordanie est et reste pour moi un exemple de bonne entente constructive entre l’Islam et le Christianisme.
Traduction : P.Paul et Fr. Marc
[mis à jour le 03.04.09]
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Les chanoines sont à l’origine ces prêtres, collaborateurs de l’évêque, menant autour de lui la vie commune, près de son église, dans la ville où il réside, sans suivre de règle particulière au commencement. (lire les explications)
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