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Bonjour cher Benoît !
Quel bonheur de vous voir enfin occuper le fauteuil du CENTRE DÉMOCRATE HUMANISTE. Que ce soit de bon augure en ces temps difficiles que traverse la Belgique ! Je vous exprime mes meilleurs vœux pour la réussite de votre engagement politique.
Vous n’êtes quand même pas n’importe qui. En effet, la presse vous a présenté comme un nouveau président, je dirais un gentleman qui met les gens à l’aise. Selon le proverbe : les voyages forment la jeunesse : cela a été aussi pour vous, un pur Ardennais, sans doute une précieuse expérience acquise grâce à vos séjours prolongés en Angleterre, en Afrique noire et même en Extrême Orient. Ce qui vous a permis de dire avec conviction que l’humanisme est une exigence forte qui implique le radicalisme.
Il paraît que vous étiez aussi intéressé et enchanté il y a une douzaine d’années de la transformation du PSC en CDH. Comme Luxembourgeois belge, vous savez entre-temps que ce nouveau parti a perdu l’électorat des catholiques pratiquants qui constituait quand même un potentiel important. Depuis, le parti a chuté de plus ou moins 15%, et est devenu un parti peu représentatif en Wallonie, alors que le PSC, même en des périodes de crises, tournait encore autour de 30 %. J’ai l’impression que les citoyens luxembourgeois attendent maintenant de vous que l’esprit chrétien prenne de nouveau davantage d’importance en politique. En effet, le fabuleux résultat que vous avez obtenu précisément lors des dernières élections laisse transparaître cette attente de la part de beaucoup de gens.
En général les médias ont parlé avec éloge de votre discours d’investiture le dimanche 5 septembre à Namur. Benoît Lutgen, un nouveau président, pas comme les autres. Pour lui, "l’humanisme, c’est une exigence forte qui implique en politique :
mieux faire : aller à l’essentiel, agir sur les priorités avec efficacité et bon sens,
mieux être : authentique, sincère, fraternel et honnête,
mieux servir : s’engager à fond pour les autres. L’homme n’est pas un objet de l’État, du marché, de l’écologie. " Selon vous donc, le mandat politique signifie un engagement de service et de générosité qui contribue en vérité à surmonter la crise politique, financière, économique et sociale.
Oui, cher Benoît, si vous aviez rassemblé l’autre dimanche 800 militants autour de vous qui venaient écouter et applaudir leur tout nouveau et jeune chef de file, sachez que lors des prochaines élections vous devriez obtenir quelques millions de voix dans toute la Wallonie pour atteindre un score électoral qui s’approche des 30% comme ce fut dans le temps le cas du PSC.
Mais vous ne corrigeriez pas le résultat électoral de votre parti par de grandes paroles, des slogans stéréotypés, ni en revenant à l’ancienne dénomination du parti. D’ailleurs, je suppose que vous n’y pensez pas. Puis, vous ne sortirez pas du jour au lendemain les pays de la grande crise qui menace le monde entier.
En effet, l’Europe est tellement embourbée dans la crise des déficits publics et inquiète désormais pour la santé des banques. L’Euro est probablement confronté à la plus grave crise de son histoire ; ne parlons pas des Etats-Unis ou des pays asiatiques. Pourquoi ? Il y a douze ans certains politiciens de votre parti pensaient aussi que le succès électoral se trouvait dans la suppression du mot "chrétien".
L’homme de notre période post-moderne veut être omniscient, tout en ignorant un Dieu, Créateur et Maître de l’histoire, et nous en récoltons aujourd’hui les fruits : la grande misère et des riches et des pauvres. Il arrive fréquemment que ceux qui se servent encore du vocable chrétien ne vivent cependant pas selon l’esprit chrétien, ne l’affichent pas non plus lors des décisions à prendre en politique.
Être "Chrétien" veut dire s’accrocher à la personne du Christ et suivre Jésus qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Ce qui exige alors du politicien qu’il s’intéresse vraiment à connaître l’Évangile, à se nourrir de la Parole de Dieu et de lire les documents de l’Église, en participant à la Messe et en consultant le site "zenit.org".
Cher Benoit, le Centre de votre parti a pivoté tantôt à droite, tantôt à gauche. Quelle est au fond la substance de son Centre ? Je vous conseille de charger le "C", le Centre du CDH, d’électrons chrétiens. Qu’il ressemble à la puce d’une carte d’identité qui émet en temps opportun et voulu les vraies données de votre identité chrétienne comme politicien. Et lorsque entre autres les gens qui gardent la nostalgie du PSC remarquent à l’occasion de la prochaine campagne électorale, ce Benoît Lutgen est l’homme chrétien qu’il nous faut, alors vous pourriez vous réjouir sans doute d’un succès inespéré. Il n’est pas nécessaire de proclamer votre conviction démocrate chrétienne sur tous les toits, mais je dirais avec humilité et fermeté, laissez pressentir aux gens que la puce de votre carte politique est chargée de vérités chrétiennes. Alors ils oseront voter pour votre parti.
Cher Benoît, je ne voulais pas vous faire un long sermon, ni vous donner des leçons, mais en toute simplicité vous faire comprendre que la Wallonie et la Belgique entière ont besoin d’un parti qui souligne et défend vivement les principes humanitaires qui émanent de Dieu. J’espère et je me réjouirais de trouver en vous un représentant rêvé de la nation. Soutenu par nos prières, je vous présente, cher Benoît, mes salutations respectueuses.
P. Paul L. Nols, O.Praem.
Dinant, le 13 septembre 2011
[mis à jour le 19.09.11]
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