La guerre 1914-1918

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Monument aux morts

La communauté en exil souffrit des rudes conséquences de l’invasion de la Belgique par les Allemands. Le 15 août 1914, la bataille s’engagea à Dinant. Après avoir été repoussés par l’armée française, les Allemands envahirent la ville, le 21 août. Entre le 22 et le 24 août, 674 civils sont exécutés, et 950 maisons livrées aux flammes en représailles à l’assassinat de soldats allemands par des supposés francs-tireurs.

Deux religieux qui voulaient s’enfuir par la Leffe sous l’abbaye, seront abattus par les Allemands. Mais surtout, parmi les Leftis amenés par les Allemands au matin du jour funeste, 43 hommes — dont le portier de l’abbaye — furent sommés de sortir et fusillés sur la place de l’abbaye avec 31 autres. Leffe, avec son total de 227 victimes civiles tient le triste record de l’ensemble des victimes de l’agglomération de Dinant.

 

Le père Adrien Borelly, alors prieur de l’abbaye, a relaté longuement les événements tragiques qui se sont déroulés.

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Leffe 2002
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Leffe 2002

Le 23 août vers 7 heures du matin, les soldats allemands arrivèrent sur la place de l’abbaye. Brisant les portes et pénétrant ainsi de force dans les maisons, ils en chassaient les habitants qu’ils nous amenèrent par groupes en les terrorisant et en les obligeant à tenir les bras levés. Vers 9 heures, le cloître abritait déjà plus de trois cents personnes affolées. Quelque temps après, un officier vint et donna ordre de rassembler tous les hommes. Les religieux, persuadés qu’il s’agissait d’un appel, recherchèrent tous les hommes dispersés dans la maison. Tous les hommes défilèrent devant lui : ils étaient quarante-trois. Une minute se passa... Un cri d’effroi s’élève... Il est poussé par ces quarante trois hommes, ... tués sur la place de l’Abbaye en face du mur blanc de la maison Servais. Le même 23 août, vers midi un officier du 178e saxon se présente au Révérendissime Père et lui dit : « Vous allez verser 60.000 francs pour avoir tiré sur nos troupes. Si, dans deux heures, la somme n ‘est pas versée, le feu sera mis à votre maison ». Le Père Abbé proteste en vain de l’innocence de tous, l’officier maintient ses dires et ses exigences. Le Révérendissime supplie alors et demande au moins la réduction d’une pareille somme, impossible à trouver soit à la maison, soit au dehors. L’officier consent enfin à en référer au chef qui l’a envoyé. Il revient au bout d’un moment et annonce qu’on se contentera de 15.000 francs, qu’il reviendra à 15 heures précises et que, faute de versement, l’incendie du couvent aura lieu de suite. Il fallut bien se résigner devant les menaces. Les femmes prisonnières furent mises au courant de la situation si critique pour tous. Elles se cotisèrent pour arriver à parfaire la somme que la caisse de l’abbaye était incapable de fournir. On arriva ainsi péniblement à réunir ces 15.000 francs. A l’heure dite, l’officier se présente. Il est accompagné cette fois de soldats, baïonnette au canon, et d’autres chefs encore. Lui-même braque son revolver sur le Révérendissime Père, puis le dépose sur le bureau, à sa portée, se dégante, et compte pièce par pièce les 15.000 francs étalés sur la table. L’officier met le tout dans ses poches, tout en protestant qu’il ne veut pas accepter d’argent ecclésiastique. Il donne un reçu écrit d’avance en allemand, et s’en va revolver au poing.

 
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P. Léon Perrier, abbé de Frigolet (1928-1946)

Le 24 août, une perquisition fut menée et la découverte à l’abbaye d’un vieux pistolet rouillé et d’une antique hallebarde, utilisée par le suisse de l’église fournissent prétexte à accuser les Pères de rébellion. Les religieux chassés de l’abbaye furent emprisonnés dans l’école régimentaire. Le 28 août, dix-sept religieux dont l’abbé allèrent grossir les colonnes de prisonniers en partance pour l’Allemagne. Les prisonniers firent halte à Marche, dans le Luxembourg. Là, ils retrouvèrent les Carmes de Tarascon, en exil dans cette ville. L’Autorité allemande les y constitua prisonniers sur parole. Le 24 septembre suivant, le général von Lonchamp leur rendit la liberté et les disculpa. La communauté se réfugia chez les Bénédictins de Ligugé en exil à Chevetogne et y demeura jusqu’en décembre.

Le Père Adrien Borelly, alors prieur, se rendit à Leffe pour constater l’état des lieux. L’abbaye était temporairement transformée en prison pour 1.800 femmes. Quelques jours après, la communauté regagna Leffe. De soixante religieux partis de Frigolet en 1903, il ne restait que trente survivants en 1919. Le Père Adrien Borelly nouvellement élu abbé réinstalla sa communauté en Provence en 1920. Le Père Léon Perrier, futur abbé de Frigolet, demeura à Leffe comme gardien jusqu’à son élection abbatiale en 1928. A cette date, il fut remplacé par le Père Abbé Adrien Borelly, démissionnaire.

 
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Leffe 2002



[mis à jour le 26.02.09]

 

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Le buffet de l’orgue s’inspire de celui de l’orgue de Grosshartmannsdorf (1741). Il s’élève à près de 7 m pour une largeur de 4,64m et une profondeur de 2,30 m. (lire la suite)

 

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