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La fête chrétienne du 2 février porte des noms des plus variés. Pour la tradition populaire – au moins dans les pays occidentaux – elle est devenue la fête des "Crêpes de la Chandeleur". La "Présentation du Seigneur" est l’appellation primitive de la fête. A Rome, elle a été introduite en l’an 650. Plus tard, la célébration fut rehaussée par la bénédiction des cierges, suivie d’une procession. D’où le nom habituel : la Chandeleur ou la fête des Chandelles. A l’origine et en se référant à la Bible, il s’agit au fond de la "Présentation de Jésus au Temple et de la purification de la Vierge Marie" (Luc 2, 22-38). Le nom de la "purification" sonne sans doute étrange aux oreilles de nos contemporains, alors que c’est à vrai dire la raison originale d’après la Loi.
En effet, selon le calendrier, le 2 février est le quarantième jour après le 25 décembre, fête de la naissance dans la chair de Jésus, Fils de Dieu, né de la Vierge Marie. Puisque Jésus était un petit Juif, Joseph et Marie, les parents civils, devaient présenter leur premier-né mâle au Temple (Ex 13, 1 et 12). D’où cette autre dénomination de la fête et sans doute la plus justifiée : la "Présentation de Jésus au Temple". Terme synonyme de celui en usage dans l’Église orthodoxe, qui parle de la "Rencontre du Seigneur".
Marie entra par la porte latérale du Temple pour accomplir le rite prescrit, et présenta la modeste offrande, deux tourterelles selon la Loi, ce qui lui permit de participer de nouveau aux célébrations du culte. Qu’en était-il de l’Enfant lorsque Joseph, Marie et Jésus se présentaient au Temple ?
Et bien, un homme juste et pieux, poussé par une révélation de l’Esprit Saint, entra en ce moment au Temple, prit Jésus dans ses bras, bénit Dieu, prononça une louange et présenta l’Enfant au Seigneur en proclamant : "Mes yeux ont vu le salut que Dieu a préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de son peuple" (Lc 2, 32).
On peut se demander comment saint Luc peut savoir tout cela, puisqu’il est le seul évangéliste à raconter, dans les détails, l’histoire de la naissance et de l’enfance de Jean-Baptiste et de Jésus.
Cela me fait penser à feu mon oncle Léon. Il était écrivain à ses heures et aimait composer des pièces de théâtre, de préférence des comédies. Il disait : il y a tant de drames et de tristesse dans le monde, que je préfère rédiger des scènes qui amusent, font rire les gens, bref qui réjouissent le public. Il observait la vie de tous les jours et profitait des situations qui se présentaient dans le quotidien pour la mise en scène de ses pièces. Il lui arrivait d’atteler son cob ou plutôt son cheval pur-sang à son cabriolet hippomobile, qui le conduisait à une allure vertigineuse à travers les campagnes dans les localités voisines. En fumant sa pipe, il y bavardait avec les habitants, des événements qu’il avait l’intention de mettre en scène. Ses comédies en langue vernaculaire jouissaient d’un grand succès et passaient dans les salles de la région germanophone.
L’évangéliste saint Luc n’était certes pas un comédien mais un écrivain sacré. La petite anecdote au sujet de mon oncle peut cependant illustrer la manière de procéder de saint Luc, auteur de l’histoire sainte de l’enfance de Jésus. Comme Matthieu, Luc ne se contenta pas de commencer son récit au moment où Jésus entame sa vie publique. Il voulait connaître les débuts de la vie de Jésus, ce qu’il confirme d’ailleurs lui-même lorsqu’il écrit au commencement de son évangile : "Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous … j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi l’exposé suivi, cher Théophile, afin que tu te rendes compte de la solidité des enseignements que tu as reçus" (Lc 1, 1-4).
Luc s’était donc rendu sur les lieux - Bethléem, Jérusalem, Nazareth - et y écoutait raconter les gens ce qu’ils savaient encore de ce temps-là et ce dont ils avaient été témoins. Puis, fort de ces nouvelles et de sa connaissance des Écritures (l’Ancien Testament), à partir des mystères de Pâques, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, saint Luc, croyons-nous, a pu écrire ces récits de la naissance et la vie cachée de Jean-Baptiste et de Jésus.
Vu que j’écris cet article surtout pour les communautés "Foi et Lumière", permettez-moi d’en dire un mot. Sous l’animation de Jean Vanier et de Marie-Hélène Mathieu, les fondateurs de "Foi et Lumière", le mouvement a choisi la fête du 2 février comme fête annuelle de toutes les communautés, sous l’appellation : "La fête de la lumière". N’est-ce pas au fond le meilleur titre pour la Chandeleur ? Jésus, accompagné de Marie et de Joseph, apparaît en présence de Syméon et de la prophétesse Anne comme la Lumière du monde : "le salut que Dieu a préparé à la face de tout les peuples" (Lc 2, 31).
Pour être complet, il me reste encore à dire un mot sur la finale de l’évangile de la Chandeleur. Luc y raconte que le vieillard Syméon s’adressa à Marie et lui dit : "Vois ! cet enfant … doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, un glaive te transpercera l’âme !" (Lc 2, 34-35).
Ici je pense spécialement à ces parents éprouvés d’enfants handicapés. Que n’ont-ils pas souffert lorsqu’ils ont découvert que leur enfant était handicapé ! Comme il est écrit pour Marie, la Mère de Jésus : un glaive a transpercé leurs cœurs. Et leur enfant a été un signe en butte à la contradiction !
"Quant à Marie, elle conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait en son coeur" (Lc, 2-11). - Méditons, nous aussi, sur cette vérité que Dieu aime chacune et chacun d’un amour personnel. Et par un geste de tendresse et plein d’affection, osons accueillir les personnes handicapées. C’est cela qu’ils attendent de nous et qui les rend heureux ici sur terre.
Ne quittons pas le Temple sans avoir jeté un regard sur la prophétesse Anne. Et demandons-nous en cette année sacerdotale : N’est-elle pas aussi un modèle de l’Église, qui ne cesse de louer Dieu et de parler de l’Enfant à tous ceux qui mettent leur espoir dans Sa vie et attendent de Lui la délivrance de l’humanité ?
[mis à jour le 21.01.10]
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Les chanoines sont à l’origine ces prêtres, collaborateurs de l’évêque, menant autour de lui la vie commune, près de son église, dans la ville où il réside, sans suivre de règle particulière au commencement. (lire les explications)
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