3e dimanche de Carême (B)

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Sur la route de ce carême 2000 qui nous achemine vers Pâques, nous contemplons en ce dimanche, Jésus qui chasse les vendeurs du temple à coup de fouet en flanquant tout par terre. Scène à vrai dire un peu « hard », évangélique, elle serait à elle seule un morceau de choix pour des cinéastes en mal d’inspiration, elle pourrait peut-être aussi devenir source de malaise pour les âmes sensibles, habituées à s’être forgé une image d’un Jésus « cool » d’un Jésus en pain d’épice. Lui le pacifique, doux et humble de coeur, chasse du Temple un semblant de religion « faite de main d’homme ».

Pour le Christ, la religion n’est pas comme le loto, où la mise n’est pas chère et où ça peut rapporter gros. Au contraire, ici la mise est infinie : comme Dieu, il faut s’y mettre tout entier, « se lâcher », y laisser sa peau : « Le Temple dont il parlait c’était son corps », porter jusqu’au bout la croix de l’amour ; c’est gratuit, cela ne rapporte rien, que la terrible et folle joie d’aimer ; scandale pour ceux qui croient adorer Dieu par leur petite religion qui ronronne et qui ne leur fait pas de mal, folie pour ceux qui adorent n’importe quoi sauf Dieu.

Nous aurions la tentation de promouvoir notre petite boutique, notre image, notre produit, et de trouver les arguments d’un bon « marketing » : vanter la vérité de notre doctrine aspergée d’eau bénite et ruisselante de piété, l’élévation de notre morale étriquée, nos géniaux préjugés, et pardessus tout la dimension infinie de notre charité bien sûr et l’utilité de notre religion face à ces soi-disant païens que nous croyons rencontrer partout. Au fond de nous mêmes nous avons le secret désir que Dieu serve à quelque chose ; autrement dit, nous devrions nous en servir. Non, il faut servir Dieu, et non pas s’en servir.

C’est cette religion intéressée, utilitaire, que prêchent certaines sectes, groupes ou guérisseurs. « Mon pauvre, vous êtes comme cela, attendez, on va vous refaire autrement... » Ils oublient que chaque homme, chaque femme est un mystère et une histoire sacrée et que seules les huîtres blessées produisent des perles de grand prix. Jésus vient mettre à terre les idées fausses, il vient libérer ceux à qui ont a lié de pesants fardeaux d’angoisse, de culpabilité, de peur, de non amour de soi, et cela parfois pour le plaisir ou bien au nom de la religion ! Le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Moïse affirme clairement qu’il entend être reconnu et servi par un peuple libéré, à l’aise dans ses baskets, à travers l’expérience difficile du désert, de toutes les déformations déshumanisantes de la servitude et de l’esclavage.

La servitude de l’Egypte comportait une part de confort indéniable, et la nostalgie reste grande, au désert, de ses oignons et de ses concombres... tandis que la conquête de la liberté, elle, est si souvent inconfortable, vertigineuse, comme toute aventure. Notre Dieu est un Dieu qui nous pousse dehors, un Dieu qui nous fait sortir d’Egypte, de toutes les Egyptes de l’oppression humaine. Un Dieu prisonnier et souffrant avec tous ceux et toutes celles qui, à travers l’histoire, des rives du Nil aux prisons d’Auschwitz, en passant par les camps de Pinochet et les ghettos de Varsovie, ont été victimes de toutes ces Egyptes. Nous avons un Dieu qui en dépit de ses scribes et de ses grands prêtres, sera toujours du bord de ceux qui sortent !

Oui, seules nos vies libérées, offertes, peuvent en finale, édifier le Temple saint dont le Christ est venu poser la première pierre. Tout peut vieillir, tout peut passer, tout peut mourir. La présence vivante de Dieu est inscrite au plus profond de nos coeurs et tous ensemble, nous devenons « Maison de Dieu », « Temple de Dieu ». Aelred de Rielvaux, un très sympa cistercien du XIIe siècle nous le rappelle : « Le Temple de Dieu, c’est vous ! Temple où Dieu régnera éternellement, vous êtes son Tabernacle, sa Tente, parce qu’Il est avec vous sur la route ; Il a soif en vous, Il a faim en vous. Cette tente, mes frères, c’est vous-mêmes dans le désert de cette vie, jusqu’à ce que vous parveniez à la Terre de la Promesse. Alors aura lieu la véritable dédicace, alors sera édifiée la vraie Jérusalem ». Nous anticipons d’une manière très réelle ce moment, en célébrant ensemble cette eucharistie, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.



[mis à jour le 03.04.09]

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En 1126, Norbert est nommé archevêque de Magdebourg et archichancelier de l’empire. (lire sa vie)

 

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