Accueil > Communauté > Les textes > P. Dominique
Bien chers Amis,
Vous êtes peut-être en train de vous dire : « Mais qu’est-ce qu’il va bien pouvoir nous dire, ce célibataire à moitié endurci ? » Pour peu qu’on veuille réfléchir en effet, c’est assez étonnant que quelqu’un de non marié prenne la parole en cet instant ! Il y a sans aucun doute dans cette assemblée des personnes qui pourraient témoigner bien mieux que moi de cette merveilleuse aventure à deux qu’est le mariage. Je pense tout d’abord à vos parents, à vos amis et connaissances.
Je voudrais tout simplement vous partager quelques réflexions, des petites choses qui pourront vous aider. Tout d’abord, avant d’aller plus loin, je voudrais ouvrir un instant la Bible avec vous. L’histoire sainte – celle de Dieu qui est aussi la nôtre – se présente à nos yeux comme une grande cantate à deux voix, une grande cantate à l’amour. Dieu parle et nous lui répondons. Cette cantate a été composée à l’aube du monde, quand Dieu plaça sur les portées de la création les interprètes qu’il avait créés par amour : l’homme et la femme. Cette grande symphonie s’ouvre sur les « noces » d’Adam et Eve, et s’achève sur celles du Christ et de l’Eglise dans la lumière du livre de l’Apocalypse. Ce n’est pas sans signification non plus que Jésus, dès le début de l’Evangile de Jean, assiste à des Noces.
L’Alliance conclue entre Dieu et son peuple est une alliance nuptiale, indestructible, car fondée sur un amour total qui se livre et s’engage jusqu’au bout. La vôtre est l’image et le rappel de celle que Dieu nous propose. Toute la vie chrétienne porte la marque de l’amour sponsal du Christ pour l’Eglise. Le Baptême, entrée dans le grand Peuple de Dieu, est déjà un mystère nuptial : il est le bain des noces qui précède le repas des noces : l’Eucharistie. C’est pourquoi nous célébrons votre union au cœur même de l’Eucharistie, où comme à Cana, le vin changé en sang du Christ coule comme une source vivifiante pour tous les invités. Dieu bénit votre amour. A l’image du sien, il est destiné à être fécond et à remplir toutes les pages de la grande partition de la création. En donnant la vie à vos enfants vous participerez à l’œuvre créatrice de Dieu, lui qui veut agrandir et enrichir toujours davantage sa propre famille.
Si nous sommes réunis en cette instant, c’est parce que vous croyez également en cette irruption de l’inattendu, parce que vous croyez au « dialogue de la vie », dans l’accueil joyeux de vos originalités, de vos richesses, mais aussi de vos différences. Prendre le « risque » de l’ouverture et du dialogue, croire en l’autre, c’est prendre le risque de vous laisser emmener là où vous ne pensiez peut-être pas aller. C’est bien un risque que vous prenez, mais c’est un bon choix. Vous partez sans ticket de retour, en route pour une odyssée, un voyage, qui va vous mener à travers monts et vallées ; les clairières accueillantes alterneront avec les forêts sombres ; vous parcourrez de vastes étendues, des steppes parfois désertiques. Vous connaîtrez l’exaltation comme la lassitude, tantôt une proximité inouïe, tantôt la sensation de devenir étrangers l’un à l’autre. Vous gambaderez joyeusement côte à côte, puis traverserez des contrées dont la langue vous est inconnue, où tout ce que vous aurez appris ne servira à rien. L’amour et l’eau fraîche un temps vous suffiront, mais dans les nuits d’orage, une seule chose vous portera : la fidélité à votre plus haute espérance, à ce qui vous a été donné de pressentir en cet instant où vous vous êtes le plus aimés. Paradoxalement, c’est alors que votre amour grandira ; vous revivrez une nouvelle aurore.
Un jour ou l’autre, vous ferez sans doute aussi l’expérience de votre fragilité ; comme de bons samaritains vous aurez alors à vous verser mutuellement l’huile de la tendresse et de la compassion. Vous aurez à vous supporter, c’est-à-dire vous porter l’un l’autre ; il faudra travailler à vous remettre au même diapason, harmoniser vos désirs les plus insensés, vos rêves les plus fous, mais également faire exulter le quotidien le plus simple et le plus banal dans un accord parfait. Il faudra pouvoir vous donner l’un à l’autre sans vous perdre l’un et l’autre !
Bienheureux serez-vous si vous apprenez à rire de vous-mêmes, car vous n’aurez jamais fini de vous amuser ! Bienheureux serez-vous si vous restez attentifs à l’appel des autres, des petits, des pauvres, de ceux qui sont différents ; vous aurez la joie d’accueillir chez vous le Christ en personne et deviendrez semeurs d’espérance, car on reçoit bien plus qu’on ne donne. Bienheureux serez-vous si vous ne faites pas trop d’économies, car au soir de cette vie vous n’emporterez qu’une seule chose comme bagage : l’Amour.
[mis à jour le 03.04.09]
Pour vous abonner à la lettre d’information de l’abbaye, saisissez votre e-mail ci-dessous :
L’abbaye eut beaucoup à souffrir de la Révolution française : confiscation de bien, destruction de bâtiments, exil forcé. La vie religieuse disparut du monastère pendant plus d’un siècle. (lire la suite)
Mentions légales | Plan du site | Administration | Réalisation Artégo | RSS