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Cathédrale de Bruxelles
1e lecture : Ap 21, 1-5a ;6b-7
Évangile : Jn 17, 1-3.24-26
A quelques mois de la célébration de ses noces d’or, Monsieur Jacques van der Vennet nous invite aujourd’hui à une autre démarche : le confier à notre Dieu dans cette célébration eucharistique de l’au revoir.
C’est dans cette magnifique cathédrale des Saints Michel et Gudule, dont les pierres parlent avec tant d’éloquence de la foi et de la piété des générations qui nous ont précédés, que nous sommes venus nombreux nous recueillir et rendre hommage à notre cher Epoux, Papa, Padry et Ami.
Aussi, pour célébrer son départ et sa rencontre avec le Seigneur, sa Famille a choisi les lectures qui viennent de nous être proclamées et en particulier cette étonnante vision de l’apôtre saint Jean dans l’Apocalypse : « J’ai vu un ciel nouveau, une terre nouvelle, … la Jérusalem nouvelle, …voici la demeure de Dieu parmi les hommes ». Aujourd’hui, cette vision s’accomplit pour notre frère Jacques qui, tout au long de sa si belle vie parmi nous, a cherché, désiré voir et connaître cet instant de l’ultime rencontre avec son Seigneur et son Dieu. Dieu lui-même accueille dans son Temple saint son serviteur assoiffé de connaissance, esthète, amoureux du Beau, du Bon et du Vrai, lui qui cherchait toujours à comprendre, pour lui offrir généreusement cette eau qui jaillit en vie éternelle.
Oui, nous dit Jésus, « l’heure est venue : celle où le Père glorifie son Fils pour que son Fils le glorifie ». Et le Fils glorifie le Père en nous donnant à lui, pour nous faire accéder au plus intime de ce qui les unit : c’est ainsi que nous pouvons entrer dans la vie éternelle et partager sa gloire.
Au moment où les medias nous alarment en prédisant le futur désastreux de notre planète, Jésus bouleverse nos facultés de jugement. Il fait éclater nos idées étroites, trop circonspectes, et projette dans l’infini toutes nos perspectives humaines, dans la gloire de Dieu même.
« Et la vie éternelle, ajoute Jésus, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu »… Connaître pour Jésus n’est pas un acte purement intellectuel, sans quoi les théologiens seraient des êtres injustement favorisés. Jésus, pas plus que son Père, ne se manifeste d’abord aux sages et aux savants, mais aux petits et aux humbles ! Il ne s’agit pas de connaître par cœur, il s’agit plutôt de connaître par le cœur. Il s’agit d’aimer. Et cela est possible quel que soit le degré atteint par notre intelligence ou notre connaissance. Sur cette terre, nous sommes tous en apprentissage de l’amour de Dieu. Et le maître des petits apprentis et jeunes écoliers que nous sommes, c’est l’Esprit Saint. Tandis que nous nous attelons à parfaire notre connaissance des choses, des hommes et de Dieu, l’Esprit nous invite à pratiquer ce qui aux yeux de certains paraît dérisoire : la foi, l’espérance et la charité.
Qui sait si, dans le secret de son cœur de patriote, de diplomate, d’époux, de père et de croyant, Jacques, notre frère, n’a pas découvert cet extraordinaire projet de Dieu pour toute l’humanité ? A chaque instant de sa vie, depuis ses humanités au Collège Saint-Michel jusqu’à sa dernière mission à La Havane, tant dans sa vie professionnelle au service de son pays et de son Roi que dans les bonheurs familiaux dont vous avez été, chère Famille, les témoins privilégiés, il s’est réservé des moments de solitude. Là, attentif aux mouvements du monde et des hommes, il guettait, pressentant avec lucidité et sagesse l’avenir. Bien conscient pourtant de ses faiblesses, - autant que de l’extraordinaire richesse qu’il partageait avec votre Maman, qui l’a si magnifiquement secondé jusqu’à son dernier souffle -, notre frère a accueilli cette sagesse qui l’a aidé à vaincre ses peurs et sa timidité pour aller de l’avant.
Demandons aussi pour nous cet esprit de sagesse. Car le monde a besoin d’hommes et de femmes avisés et équilibrés. En ces temps où tout est contesté, remis en question, chacun d’entre nous ici présents, recevons dans l’intimité de notre cœur cet esprit de sagesse, d’accueil et de bienveillance, de maîtrise de nous-mêmes et de patience. Dès ici bas, partageons cette gloire à laquelle le Christ nous invite à participer pleinement.
Frères et Sœurs, chère Famille, ce n’est pas sa mort qui nous rassemble ce matin mais sa vie, une vie nouvelle. Dans la foi, nous célébrons aujourd’hui l’entrée de notre frère Jacques dans ce siècle définitif où les années ne comptent plus, où les mots souffrance, peine, mort n’ont plus cours, mais où exultent sans fin la joie, la paix, la vie.
Prions pour que votre Epoux et votre Papa connaisse ces trois surprises du Paradis, dont parlait le Père Faber, célèbre Jésuite anglais.
La première : celle de s’y trouver ;
la seconde : celle d’y retrouver un tas de gens que, sur terre, jamais il n’aurait pensé y rencontrer ;
a troisième — et non des moindres — : celle de découvrir un Dieu tellement plus grand, tellement plus beau que celui que toutes les homélies et raisonnements de la terre lui permettaient d’entrevoir.
Dans l’Eucharistie qu’il a toujours cherché à recevoir, quel que soit le lieu où sa vie le conduisait, nous rejoignons maintenant votre Papa… Cette Eucharistie à laquelle nous communions, qui nous rend présent le Christ dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. Remercions le Seigneur pour tout ce que nous avons vécu avec notre frère Jacques ; pour tout ce qu’il a reçu et pour tout ce nous qu’il a donné. Que la foi soit pour lui comme pour nous ce chemin mystérieux qui nous aide à le retrouver dans le Christ. Amen.
[mis à jour le 03.04.09]
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