Homélie bouvignoise

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Frères et Soeurs,

Nous venons d’entendre la lecture des deux premiers miracles de Jésus selon l’évangile de Saint Marc. Nous devons être conscients qu’il les raconte à travers le prisme, à la lumière, de la Résurrection. C’est Jésus ressuscité, Fils de Dieu, qui durant sa vie mortelle commence déjà, quoique de manière voilée, à manifester sa puissance. Puissance de Jésus qui étonne et qui émeut : il parle avec autorité et non pas comme les scribes qui se contentent de répéter l’Ecriture et ses commentaires traditionnels ; il parle avec autorité pour chasser les démons : une seule parole impérieuse suffit alors que les autres prophètes se livraient à des rites nombreux et compliqués ; enfin, d’un mot il relève la malade, la belle-mère de Pierre.

Certains commentateurs font remarquer que c’est à la synagogue qu’il chasse le diable mais que c’est dans la maison de Pierre qu’il guérit cette personne. Or le mot employé est important : « il la fit se lever ». Dans le texte grec, ce verbe est employé pour évoquer la résurrection même de Jésus et saint Paul l’emploie pour rappeler au chrétien qu’il est un ressuscité : « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera ». Cette femme qui se relève de maladie, elle annonce toutes les guérisons spirituelles, toutes les résurrections que Jésus va opérer une fois qu’il sera passé par la mort et qu’il se relèvera lui-même le troisième jour.

Saint Matthieu, après avoir rapporté les miracles de Jésus, fait aussi référence non à la résurrection mais à la mort de Jésus : « Il a porté sur lui nos souffrances », voyant dans les miracles la réalisation de la prophétie d’Isaïe : le Serviteur porte nos souffrances et nos blessures ! Mais revenons à l’évangile de Marc et notons ce petit trait final : la femme se relève et elle se mit aussitôt à les servir.

Nous aussi, frères et soeurs, puisque nous sommes relevés, ressuscités du péché et de la mort, nous devons nous mettre sans répit au service du Christ et de tous nos frères. L’eucharistie nous relève de nos faiblesses et de nos fautes : « Ceci est mon sang versé pour la rémission des péchés ». C’est le Seigneur qui vient nous guérir et nous réconforter : que ce soit pour être plus généreux au service du Christ et des hommes, ses amis. Aussi pouvons-nous reprendre dans cette perspective la prière initiale de cette messe : « Accorde-nous, Seigneur, de t’adorer sans partage car tu es le Fils de Dieu, le Ressuscité qui nous relève de la mort et du péché et donne-nous d’avoir pour tout homme, en le servant, une vraie charité ». Amen.

le 29 janvier 2006



[mis à jour le 03.04.09]

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