Dimanche de la Divine Miséricorde

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De même que sainte Julienne du Mont-Cornillon (à Liège) fut à l’origine de la fête du Corps et du Sang du Christ (la Fête-Dieu) et sollicita son institution (1225), et que sainte Margueritte-Marie Alacoque (à Paray-le-Monial, en France) obtint l’institution de la fête du Sacré-Cœur de Jésus (en 1675), ainsi sainte Faustine Kowalska (à Plock, en Pologne) fut à l’origine du Dimanche de la Miséricorde divine dans l’Église catholique.

Ce fut le 30 avril de l’Année jubilaire 2000, lors de la canonisation de sœur Faustine que le pape Jean-Paul II donna au dimanche de l’octave de Pâques le nom de Dimanche de la Miséricorde divine. De longue date, ce 2e dimanche de Pâques s’appelait la Domenica in Albis (Dimanche en Blanc) par allusion aux catéchumènes qui le huitième jour après Pâques déposaient les vêtements blancs. Pratiquement toute l’Église fut étonnée de ce changement de dénomination décidé d’une façon quasi autoritaire par Jean-Paul II. Mais personne, même pas les médias, n’osa hausser la voix vu l’estime et le grand respect dont il jouissait.

La mort du pape, survenue quelques années plus tard le 2 avril 2005, se trouvait providentiellement être la veille du dimanche de la Miséricorde divine.

Ainsi le pape, Serviteur de Dieu, est-il entré dans l’histoire comme le pape de la "Miséricorde".

En hommage et en souvenir de ce grand pape, l’Église a soin d’approfondir le thème de la Miséricorde divine suite aux révélations de sœur Faustine. D’où un premier "Congrès mondial de la Miséricorde" à Rome en 2007, qui sera suivi d’un deuxième à Cracovie en 2011.

Dieu est Amour. Il a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique [1], et Lui a manifesté cet amour par sa miséricorde : Je suis doux et humble de coeur dit-il [2]. Le mot Miséricorde possède une connotation spécifique distincte de l’Amour proprement dit.

Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, pense comme bien d’autres que le mot Miséricorde doit être remis à l’honneur dans l’Église de France. On traduit plutôt par "Amour" que par "Miséricorde" les mots grecs, quoique la traduction latine de la Bible ait retenu le mot "Misericordia".

Monseigneur Jean Legrez, évêque de Saint-Claude, évoquant les sources bibliques, remarque combien les peuples de la Bible avaient été formés à reconnaître la miséricorde divine. Il regrette même que les traductions aient trop généralement supprimé le mot miséricorde pour le remplacer par le mot amour, beaucoup plus vague à son avis. Ainsi dans le Magnificat et dans le Benedictus ou cantique de Zacharie [3] chantés à l’Office divin, le mot miséricorde a été supprimé deux fois.

Dans le Benedictus le texte latin a traduit le mot grec par viscera misericordiae, ce qu’en bon français on pourrait traduire plus justement par la miséricordieuse tendresse de notre Dieu. Viscera signifie au sens figuré les entrailles, la partie la plus intime de l’être sensible.

N’est-ce pas dans ce sens que Zacharie, qui par son manque de foi et de confiance en Dieu fut frappé de mutisme [4], a compris la compassion de Dieu lorsque sa bouche s’ouvrit, que sa langue se délia, et qu’il parlait en bénissant Dieu [5] ? Dans le Magnificat pareillement lorsque la Vierge Marie dit le Seigneur a jeté les yeux sur son humble servante, ne voit-elle pas la tendresse miséricordieuse de Dieu qui se penche sur elle, servante toute petite par rapport au Seigneur Dieu ?

L’Évangile du deuxième Dimanche de Pâques peut être interprété dans le sens de la divine Miséricorde [6]. Jésus, touché par la peur des disciples qui avaient verrouillé les portes de la salle où ils se trouvaient, va les rejoindre pour les libérer de leur crainte.

Suit l’épisode avec Thomas, incrédule, qui tombe à genoux devant Jésus et lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu !

Donc Jésus dans sa tendresse et sa bonté se penche vers la pauvre humanité en détresse. C’est cela la divine Miséricorde, l’Amour de Dieu. Nous trouvons plusieurs autres témoignages dans les Évangiles que nous pouvons facilement comprendre de la même façon.

Pensons au publicain qui prie au fond du Temple en avouant sa misère et de qui Jésus affirme : Je vous le dis, ce dernier descendit chez lui justifié [7]. Nous connaissons aussi la parabole du fils prodigue qui retourna chez son père et lui dit : mon père, je ne mérite plus d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes journaliers. Le père se jeta à son cou et l’embrassa longuement [8]. De même Jésus sur la croix dit au larron qui reconnaît son péché : En vérité, dès aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis [9].

Pour terminer et pour mieux saisir la nuance entre l’amour et la miséricorde, souvenons-nous de saint Augustin qui dans sa Règle aux communautés chrétiennes recommande au supérieur d’agir avec miséricorde envers le religieux qui s’est rendu coupable.

Quia in aeternum misericordia ejus !

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[1] Jn 3,16

[2] Mt 11.29

[3] Luc 1.72, 78

[4] cf. Luc 1.18-20

[5] cf. Luc 1.64

[6] Jean 20. 19-31

[7] Lc 18.9-14

[8] cf. Lc 15.11-24

[9] Lc 23.39-43



[mis à jour le 14.04.09]

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