Accueil > Communauté > Les textes > P. Hugues
Même vos cheveux sont tous comptés,
vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.
Seigneur, il te plaît de prendre soin de toutes tes créatures :
les hommes et les bêtes, les oiseaux du ciel comme la fleur des champs.
Rien n’arrive sans que tu le veuilles…
Cela voudrait-il dire que tu veux tout ce qui m’arrive ?
Et ce mal qui m’entoure, qui m’enserre,
au point de prendre la place du bien que je voudrais faire ?
N’est-ce pas plutôt que tu as formé pour chacun un dessein de salut ?
N’es-tu pas capable en effet de tirer le bien du mal, de sauver ce qui était perdu, de rendre la vie à ce qui était mort ?
Oui, je le crois fermement : plus profond, plus solide qu’un fil de trame, ton amour est présent dans ma vie. Ton amour, qui est patience, bienveillance, tendresse, enlace mon existence de toute part, depuis toujours et pour toujours.
Si souvent pourtant je me crois seul et abandonné, livré à mes pauvres forces.
Je crie vers toi : j’ai péché, tous ont péché ;
la mort règne, elle nous frappe à cause de nos fautes, elle m’atteint au plein midi de ma vie.
C’est à toi que j’ai confié ma cause, et tu ne réponds pas.
Je suis humilié, meurtri, la honte me couvre le visage.
Ne crains pas !
Tu ne cesses pas de scruter les profondeurs de mon cœur, à la recherche de mes fautes ?
A la recherche d’un peu d’amour.
Crois-tu vraiment que je veuille faire périr dans la géhenne ton âme aussi bien que ton corps ?
Ne t’ai-je donc pas encore assez montré mon amour ?
Ton péché a abondé ; ma grâce a surabondé.
Ta faute, ajoutée à celles des hommes, est immense ; le don de mon pardon est sans mesure.
Ton amour est infidèle, vacillant ; mon amour est fidèle, inébranlable.
Crois-tu que tu puisses me lasser ? C’est moi qui viendrai à bout de toi.
Je ne peux pas te renier, je me suis prononcé pour toi ; et moi, je suis Dieu, pas un homme !
Donne-moi donc un peu d’amour, si peu que ce soit.
Donne-moi un peu d’amour, que ton amour réponde à mon amour.
Donne-moi ta faiblesse, le mal qui est en toi. Ma puissance te purifiera.
Je t’enracinerai solidement ; je te ferai vivre.
Depuis Pâques, ma vie, c’est toi !
[mis à jour le 03.04.09]
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Le 6 juin 1134, épuisé, Norbert meurt à Magdebourg. En 1625, son corps est transféré à l’abbaye de Strahov, sur les hauteurs de Prague, où il est depuis vénéré et veillé par ses fils spirituels. (lire sa vie)
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