« Convertissez-vous et croyez à l'Évangile. »

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« Pâques précoces, Pâques vite passé », entendons-nous dire. Ce qui n’empêche pas que le Carême dure toujours quarante jours et quarante nuits, pour le dire à la façon de la Bible, qui est aussi le langage de l’Église. En partant du premier jour du Carême, le mercredi des Cendres, ce temps béni compte exactement six semaines et quatre jours.

Mais laissons ce calcul qui pourrait nous éloigner du vrai but et engageons-nous décidément sur le chemin qui conduit à Pâques. Ceux qui ont encore un vague souvenir de leur cours de religion savent que Moïse, le serviteur de Dieu, avait reçu l’ordre du Seigneur Dieu de se rendre en Égypte pour y libérer les Israélites des travaux forcés et les conduire à travers le désert vers la Terre Promise.

Avec l’aide de Dieu, mais pas sans grandes difficultés, Moïse avait réussi à faire sortir les Israélites d’Égypte. Puis commença ce long passage de quarante ans à travers le désert. Si vous avez oublié les détails de cette histoire telle qu’elle est décrite dans la Bible, avec un peu d’imagination vous comprendrez ce que cette traversée a pu comporter d’efforts et de renoncements.

En mémoire de ce périple et en reconnaissance au Seigneur Dieu, leur vrai Libérateur, les Israélites célèbrent annuellement la fête de la Pâque juive qui commémore l’exode d’Égypte. Ce récit historique de la Bible nous donne déjà une idée de la signification du Carême et de Pâques.

Les chrétiens, cependant, se souviennent plutôt de Jésus qui fut conduit par l’Esprit Saint à travers le désert pendant quarante jours. C’est la donnée essentielle pour faire un Carême béni : se laisser conduire par l’Esprit Saint et rejoindre Jésus qui nous dit : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Ce n’est donc pas par les sacrifices que nous avons choisis que nous avançons résolument sur le chemin vers Pâques. La conversion ne consiste pas dans une action privée et solitaire.

Ce qui compte c’est de jeter un regard critique sur nous-mêmes et prendre les dispositions requises pour réaliser la conversion de notre cœur. Si nous nous ouvrons à la grâce offerte, alors Jésus vient à notre rencontre et il nous dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école… et vous trouverez soulagement pour vos âmes » [1].

La conversion exige la mobilisation de notre cœur, plus encore, la mobilisation de toute notre existence. Et même cette mobilisation reste insuffisante, elle ne peut agir que dans la communion avec celui qui a porté notre fardeau à tous [2].

Je décide alors de suivre Jésus et, émerveillé par ses paroles, ses prodiges et les signes qu’il a opérés, je renouvelle ma foi en Dieu et c’est en lui que je mets ma confiance et mon espérance.

À l’approche de Pâques, je médite la Passion de Jésus, qui donne un autre sens à mes épreuves et mes souffrances et je les vis en union avec Jésus qui a souffert sa Passion avec endurance et dans un esprit d’amour pour son Père et pour le salut des pauvres pécheurs que nous sommes.

Fort de la grâce de Dieu, en toute simplicité de cœur, par le sacrement de la rémission des péchés, je me laisse réconcilier avec Dieu. Et tout joyeux, je marche vers Pâques pour fêter la Résurrection du Christ.

P. Paul L. Nols

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[1] Mt 1, 28-29

[2] Benoît XVI, « Jésus de Nazareth », p. 184



[mis à jour le 03.04.09]

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