Chapitre général

Accueil > Informations

Tous les six ans se réunit le Chapitre général, autorité suprême de l’Ordre. Y sont convoqués, outre l’Abbé général et ses proches collaborateurs, les abbés de chaque canonie (ou celui qui y est équiparé) et un délégué élu par le chapitre de canonie. Cette année, à Munich, y prennent part le P. Bruno et le P. Paul, abbés, ainsi que le P. Benoît (délégué) et le P. Hugues (traducteur).

Voici un extrait des Constitutions qui définit le Chapitre Général :

Le but principal du Chapitre Général est d’exprimer et de resserrer les liens de la charité, l’union et la vitalité du charisme de tout notre Ordre. C’est pourquoi ce sera un colloque fraternel et pastoral grâce auquel on communique les expériences et les problèmes d’actualité de la vie religieuse et de l’apostolat de nos communautés ; ce sera aussi le lieu d’une réflexion sur la manière dont notre Ordre devra répondre aux exigences actuelles de l’Église et du monde ; un moyen aussi d’examiner et de résoudre les difficultés des maisons de l’Ordre ; ce sera l’occasion d’examiner et de veiller sur la fidélité des canonies et des maisons par rapport au charisme propre de l’Ordre.

C’est dans ce but que le Chapitre Général, en tant qu’autorité suprême de notre Ordre, promulgue des lois et des normes opportunes. Il sera aussi un tribunal, quoique fraternel, mais parfois judiciaire, quand il faudra extirper les obstacles qui empêchent dans les personnes et dans les communautés la croissance de la communion. Il peut se réserver les affaires dont l’importance réclame l’intervention de la suprême autorité de l’Ordre, et elle seule.

lundi 24 juillet (P. Benoît)

Tout va bien ici, nous sommes plus de 130 et ça parle toutes les langues.

Hier, nous avons eu la messe présidée par le cardinal Wetter à Neustift, une ancienne abbaye prémontrée près de Freising, avec la communauté et la chorale locales (messe en C dur de Mozart : on écoute assis tellement c’est long). Après les interminables discours des responsables civils locaux, nous avons pris un repas bavarois « afec tes krantes peintdebière », dans une ambiance bon enfant.

Aujourd’hui préliminaires techniques et élection des quatre définiteurs du chapitre. Ils devront gouverner le chapitre avec le Général. Ils se réuniront dans l’ancien bureau du cardinal Ratzinger quand il était archevêque de Munich :. de quoi inspirer de sages décisions, a dit le Général...

Hier soir, le P. Abbé est allé se promener et a vécu une rencontre très chaleureuse avec dix brebis bavaroises : il en a ramené jusque dans sa chambre un souvenir très odoriférant collé à son pied...

mardi 25 juillet (P. Hugues)

Tout va bien : chaleur solaire et fraternelle font bon ménage avec le travail. Aujourd’hui j’ai fait la traduction quasi simultanée des deux rapports de l’abbé général (status ordinis et évaluation des rapports de visites canoniques), soit quatre heures d’allemand à toute vitesse (l’Abbé général a un débit très rapide qu’il ne parvient pas à contrôler...). Je suis presque vidé... Hier soir, je me suis couché dès 20h00, tellement j’étais fatigué ! Dans son "discours sur l’état de l’union", l’Abbé général a proposé de renforcer la structure des circaries, d’en former de nouvelles et de trouver des moyens concrets pour une plus grande solidarité entre les maisons de tout l’Ordre.

mercredi 26 juillet (P. Benoît)

Il fait TRÈS chaud. J’ai cassé mes lunettes mais j’avais heureusement pris une paire de rechange.

Nous discutons aujourd’hui du statut des laïcs associés et du "vision statement" (un résumé en une page de notre identité et de notre spiritualité à des fins de "marketing"). Le soir, grâce à nos confrères canadiens, toute la circarie prend un digestif... ("sortilège" : Wisky + sirop d’érable).

jeudi 27 juillet (P. Hugues)

Aujourd’hui,la journée est consacrée aux soeurs dans l’acception la plus large du terme : toutes celles qui sont en lien avec l’Ordre, soient sept communautés (dont trois exemptes).

Pour l’instant les capitulaires sont en discussion dans les groupes linguistiques (anglais, allemand, néerlandais, tchèque, hispano-portuguais). Les interpretes soufflent un peu (façon de parler, j’ai l’impression qu’il fait de plus en plus chaud).

Le P. Paul a présidé l’eucharistie ce matin, accompagné du P. Tonino comme assistant : oraisons en français de même que l’évangile et une petite homélie très soignée où il nous rappelait comment puiser dans le coeur du Christ l’eau vive qui rafraîchira toujours l’amour de notre jeunesse.

vendredi 28 juillet (P. Hugues)

Hier soir nous avons eu, l’espace d’un moment, l’impression d’un changement de temps. Après le repas (à 18h, et pas moyen de visiter le garde-manger pendant la nuit...), nous nous sommes rendus à pieds a Neustift, le monastère prémontré fondé par le saint évêque Othon pour réformer son diocèse. Nous étions attendus par la paroisse en liesse : célébration solennelle des vêpres avec les paroissiens dans l’ancienne abbatiale, avec en conclusion, à l’extérieur, sur la place de l’église, bénédiction de la toute nouvelle fontaine saint Norbert. L’abbé général nous a fait un beau petit bijou d’homélie pour présenter saint Norbert. Après la bénédiction, nous avons pu déguster les couronnes de pain salées et le jus de pomme qui nous furent alors offerts. Après quoi, visite guidée du monastère. Supprimé lors de la sécularisation en 1803, il a été recyclé en caserne pour la cavalerie du prince électeur de Bavière, puis transformé en fabrique d’étoffe avant d’être finalement racheté par l’administration du Land de Bavière pour abriter les bureaux du gouvernement local. Nous fûmes invités à prendre place dans la salle du parlement pour écouter les explications qui nous étaient données, nous eûmes même le privilège de visiter le bureau du gouverneur (anciens appartements abbatiaux). Inutile de préciser que tout a été restauré gründlich, à l’allemande. Notre guide n’était pas peu fier de nous présenter le plus beau des parlements régionaux allemands ! Une petite averse à la sortie, très brève encore, mais j’ai pu regagner notre résidence sur la colline en voiture. Heureusement, la perspective de grimper ne me souriait guère.

Aujourd’hui, la journée a pour thème la pastorale des vocations : témoignages de l’itinéraire de trois ou quatre capitulaires, projection d’un petit film publicitaire vantant la vie prémontrée, puis discussion en vue d’élaborer une stratégie de la pastorale des vocations autour de cinq axes : prière, évangélisation, expérimentation, accompagnement et invitation. (Sous "expérimentation", il faut comprendre "pouvoir faire l’expérience de notre vie" et sous "invitation" "avoir l’audace d’inviter un jeune homme, une jeune fille, à faire le pas de choisir la vocation religieuse"). Nous avons entendu aussi les témoignages des monastères qui "marchent" bien, chacun y allant pour ainsi dire de sa "recette". Les capitulaires sont à nouveau en groupes linguistiques pour examiner le cas échéant ce qu’il convient d’appliquer dans leurs lieux de vie respectifs et au niveau de l’Ordre.

samedi 29 juillet (P. Hugues)

Ce matin nous étions au paradis prémontré, puisque le pétulant postulateur de l’Ordre nous a rendu compte de son activité. Sept causes ont été évoquées : canonisation de la bienheureuse Bronislave, du bienheureux Hroznata et du bienheureux Jakob Kern ; béatification de Pierre-Adrien Toulorge, d’Emilie Podoska, des martyrs de Neureisch (Nova Rice - Tchéquie ; quatre confreres qui ont péri dans le camp d’extermination d’Auschwitz) et béatification des martyrs irlandais.

L’évêque de Pilzen avait fait le déplacement pour nous parler de l’avancement de la cause du bx Hroznata, que Jean-Paul II a voulu donner comme patron à son diocàse. Benoit XVI, rencontré récemment par l’évêque en question, suivait l’affaire de près, connaissant à la fois Hroznata et Tepla. Gabriel Wolf, le postulateur, a calculé qu’il faut cinq cents ans en moyenne entre la mort et la béatification d’un prémontré... Donc, il nous faut prier beaucoup et faire connaître nos candidats pour que croisse une dévotion à leur endroit.

Du paradis nous sommes redescendus sur terre pour rendre, selon l’expression du modérateur de la session, à César ce qui appartient a César : ce fut donc le tour du proviseur général de l’Ordre à rendre des comptes... top secret.

Nous avons (laborieusement) terminé la journée par le rapport de la commission juridique : statistiques sur les "mouvements" (transitus, départs, etc.), puis présentation détaillée de huit points concernant des modifications/corrections à apporter aux Constitutions, suivie d’un vote consultatif. Le vote définitif aura lieu la semaine prochaine.

Pendant l’apres-midi, parallèlement à la session où n’étaient présents que les capitulaires et les experts, les soeurs se rencontraient entre elles sous la présidence de l’Abbé général et des membres de la commission ad hoc.

Le temps a enfin tourné à la pluie : une ondée bienfaisante rafraîchit l’atmosphère. Quel soulagement. Il fait encore chaud, mais l’espoir d’une différence se laisse entrevoir.

Demain, petit déjeuner à 6h30 puis départ en excursion. Pas de travail en vue pour demain donc ; c’est aussi bienvenu, car les journées sont malgré tout assez fatigantes.

dimanche 30 juillet (P. Hugues)

Le chapitre part en bus vers Windberg pour l’excursion qui nous permettra de visiter une autre abbaye encore, le soir, où nous célébrerons les vêpres avant de rentrer.

Au début de la messe solennelle dans une abbatiale comble, Phyllis Martin, oblate de la communauté de Daylesford, est saisie d’un malaise. Emmenée de toute urgence à la clinique locale, les médecins diagnostiquent une hémorragie cérébrale. Elle est ensuite dirigée vers l’hôpital universitaire de Ratisbonne où les examens révèlent rapidement que toute intervention chirurgicale s’avère plus dangereuse qu’utile.

mercredi 2 août (P. Hugues)

Ca y est, le Définitoire de l’Ordre est constitué. Cet après-midi, le quatrième et dernier définiteur a été élu. Il s’agit en fait des mêmes définiteurs que ceux qui ont été élus pour la durée du chapitre, mais dans un ordre différent. Le premier définiteur est Gary Neville, abbé de De Pere (États-Unis). Il tient aussi la place importante de vicaire de l’Abbé général si celui-ci venait à être empêché d’exercer sa tâche. Le second définiteur est Jos Wouters, abbé d’Averbode ; le troisième est Rocky D’Souza, abbé de Jamtara (Inde) ; le quatrième est Martin Felhofer, abbé de Schlägl (Autriche). On retrouve donc ainsi un définitoire composé exclusivement de prélats en fonction.

La matinée d’aujourd’hui, entre les différents tours de scrutin, fut consacrée à la lecture de différents rapports dont le plus intéressant fut certainement celui que nous a présenté Piet Al, abbé de Berne, au sujet de la rencontre des responsables de formation qui s’étaient rassemblés à Tongerlo. Piet Al a notamment partagé au chapitre les seize points que le cardinal Godfried Daneels mentionnait en vue d’un renouveau de la pastorale des vocations dans le monde contemporain. Cet exposé a été longuement applaudi par les auditeurs et a pu nourrir une discussion qui aura sans doute des suites.

L’après-midi a été marquée par la triste nouvelle du décès de Phyllis Martin, oblate de la communauté de Daylesford. Phyllis avait eu la grande joie, la semaine dernière, de pouvoir s’adresser à l’assemblée du chapitre général avec deux autres dames. Toutes trois avaient été élues par l’assemblée des tertiaires-participants lors de la première réunion internationale de ces derniers qui avait eu lieu à Mondaye. L’Abbé général avait alors accepté de les inviter au chapitre pour qu’elles puissent faire part à l’Ordre non seulement de ce que vivent ces participants mais aussi de ce qu’ils attendent. Munie de l’onction des malades suite à son malaise de dimanche, elle s’en est allée dans la paix à la rencontre du Seigneur, âgée de quatre-vingt-trois ans.

Après avoir prié pour le repos de Phyllis, la deuxième session, plus laborieuse, fut réservée à la présentation très documentée mais assez difficile des amendements apportés par la commission juridique de l’Ordre aux diverses modifications proposées par cette dernière en vue de corriger ou compléter nos Constitutions . Après les éclaircissements d’usage, les capitulaires durent se prononcer par voie de scrutin en termes de "placet"ou "non placet", sans plus aucun "iuxta modum", puisqu’il s’agissait d’un vote délibératif.

La troisième session, à 16h30, vit les groupes linguistiques se reconstituer pour discuter les propositions concrètes soumises par l’Abbé général sous le titre général de "plan stratégique".

La pluie d’hier a considérablement rafraîchi l’atmosphère, au grand soulagement de tous. Le chapitre va tout doucement vers sa fin...

jeudi 3 août (P. Hugues)

Il pleut à Freising, et c’est tellement agréable de retrouver cette chère bonne vieille compagne qui a le don si singulier de rendre l’atmosphère supportable et propice au travail intellectuel...

Ce matin, élection sans surprise de Cyrille Caals, reconduit pour six ans à son poste de procureur général, pour autant, comme il le déclaraitlui-même en acceptant l’élection, qu’il soit "toujours capable de gravir les escaliers du généralat et ne devienne pas l’ami du docteur Alzheimer". Ensuite lecture plus ou moins ennuyeuse de rapports plus ou moins intéressants, après la communication des compte-rendus des discussions en sous-groupes d’hier, à propos du plan stratégique proposé par le Général.

Ronald Rossi, abbé de Daylesford, a prononcé l’éloge funèbre de Phyllis Martin, à partir du psaume 42 : "Mon coeur était tout en joie quand je m’avançais au sein de la multitude en fête vers la maison du Seigneur". (Je cite de mémoire les bribes de la version américaine). Oui, dimanche, Phyllis était en joie, en avançant dans cette procession qui nous introduisait dans l’abbatiale de Windberg toute en liesse, et ce fut bel et bien le moment de la rencontre pour elle puisqu’elle a entrepris son ultime pèlerinage vers la maison du Seigneur. Sa dépouille mortelle sera rapatriée dans les jours qui suivent aux Etats-Unis où ses funérailles seront célébrées en l’abbaye de Daylesford.

Après-midi, nouvelle élection sans surprise, celle du postulateur général de l’Ordre. Le pétillant Gabriel Wolf est lui aussi reconduit au poste dans lequel il semble déjà si bien installé. N’étant pas présent, il faut encore qu’il accepte cette élection, ce dont personne ne doute le moins du monde.

C’est déjà le moment des évaluations et un questionnaire détaillé remis à chacun des présents, capitulaires et autres, doit permettre à tous de faire part de leurs louanges comme de leurs critiques ou suggestions en vue d’améliorer encore le fonctionnement et les bonnes conditions du prochain chapitre (2012).

La liste des candidats-visiteurs a été arrêtée pour être soumise au définitoire de l’Ordre qui désignera par la suite ceux d’entre eux qu’il retient concrètement pour chaque canonie.

Nous avons appris la création d’une Fondation Saint-Norbert à Magdebourg, qui a pour but le redressement spirituel, économique et politique de l’Europe qu’il faut renourrir des valeurs chrétiennes, et cela dans une région durement touchée par l’indifférentisme voire l’absence de religion, le chômage et le besoin de dialogue. Cette initiative relève de l’abbaye de Hamborn et plus particulièrement des deux frères Dölken, Albert (abbé de Hamborn) et Klemens (professeur auprès de l’Institut théologique des pères de Steyl à Sankt-Augustin, près de Bonn, qui parcourt la Rhénanie et est en même temps attaché à la collégiale Notre-Dame de Magdebourg).

Parallèlement, toujours en vue de souligner la présence prémontrée, une collecte de fonds a été organisée encore à leur initiative, en vue de la restauration et du réaménagement de l’ancienne chapelle Saint-Denis, actuellement désaffectée, sous la tour de la collégiale de Xanten cette fois, pour en faire une Norbertus-Zelle, un lieu à la mémoire de Norbert, dans la collégiale où il fut chanoine. Ont déjà été acquis à cette intention une satue de saint Norbert ainsi qu’un ostensoir de valeur.

Le travail de l’après-midi a été abrégé : nous avons terminé cinq minutes avant quatre heures, le modérateur annonçant à la grande satisfaction de tous qu’il n’y aurait pas de troisième session aujourd’hui...

Je suis donc en congé relatif : le discours de clôture de l’abbé général est déjà disponible sous embargo, laissez-moi seulement vous confier qu’il compte cinq pages...



[mis à jour le 07.05.07]

Ecrire au Père Benoît

Ecrire au Père Bruno

Ecrire au Père Paul M.

Ecrire au Père Hugues

 

Lettre d'information

Pour vous abonner à la lettre d’information de l’abbaye, saisissez votre e-mail ci-dessous :


inscription désinscription

Le saviez-vous ?

Norbert

Le 6 juin 1134, épuisé, Norbert meurt à Magdebourg. En 1625, son corps est transféré à l’abbaye de Strahov, sur les hauteurs de Prague, où il est depuis vénéré et veillé par ses fils spirituels. (lire sa vie)

 

Mentions légales  | Plan du site  | Administration  | Réalisation Artégo  | RSS