Bonne Fête de Pentecôte

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Ludwig : Qu’est-ce que c’est la Pentecôte pour vous ?

Paul : C’est un long week-end de congé.

L. : Le week-end est un mot très élastique, paraît-il.

P. : Oui, c’est propre à notre civilisation. Le week-end s’étend, en principe, du vendredi soir jusqu’à la fin du dimanche. Ou occasionnellement jusqu’au lundi soir. Il arrive même qu’il commence déjà le jeudi soir et dure jusqu’au dimanche soir. Cela dépend comment les jours fériés tombent au cours de l’année.

L. : Donc, lorsque les gens me souhaitent un bon week-end, cela peut dire portez-vous bien pendant un ou plusieurs jours ! À vrai dire, je regrette qu’on me souhaite plutôt rarement un "un bon dimanche" alors qu’au fond le dimanche, premier jour de la semaine, est d’une part le Jour du Seigneur ressuscité et d’autre part, le jour de repos familial.

P. : Que voulez-vous ! Il faut vivre avec son temps.

L. : Je constate que les mœurs anglo-américaines tendent à envahir tous les pays de l’hémisphère Nord.

P. : Plus rien ne peut arrêter le rythme de la vie moderne.
L. : Pardon ! Je voudrais vous citer deux exemples qui prouvent le contraire. J’ai une montre-bracelet digitale "made in Japan" qui affiche les jours à partir du dimanche, premier jour, au samedi, dernier jour de la semaine. Ou, un autre exemple, un calendrier annuel "made in India", où les semaines de chaque mois y figurent au rythme régulier de dimanche à samedi. Les peuples asiatiques et les Indiens n’ont-ils pas une notion plus nuancée du temps que les Occidentaux ?

P. : Peut-être, mais chez nous c’est la semaine du travail qui donne le ton du temps.

L. : Mais revenons au mot Pentecôte. Il ne vous rappelle rien d’autre ?

P. : Si. Mais c’est déjà loin. Je me souviens qu’au catéchisme on nous avait dit que c’est un mot grec qui signifie cinquante ou le cinquantième jour après Pâques.

L. : Oui, cette Pentecôte, il y a maintenant bien deux mille ans, ce cinquantième jour compté à partir du dimanche de Pâques, coïncidait alors avec la grande fête juive appelée la Fête de la Moisson. Beaucoup de pèlerins de toutes races, peuples et nations des alentours de Jérusalem étaient rassemblés pour la fête. Les disciples de Jésus eux aussi. Et ce fut ce jour-là, de bonne heure que tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient.

P. : Oui, je me rappelle maintenant. Ce fut un événement époustouflant. Ils virent même apparaître des langues qu’on eut dites de feu : elles se divisaient, et il s’en posa une sur chacun des apôtres.

L. : En effet, avant sa mort, dans ses discours d’adieu, Jésus avait rassuré ses disciples en leur disant : " Je ne vous laisse pas orphelins, mais l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, se répandra sur vous et vous rappellera tout ce que je vous ai dit " (cf. Jn 14).

P. : Ce qui fut encore plus curieux à mon avis, c’est que les disciples, remplis de l’Esprit Saint, paraît-il, commencèrent à parler en d’autres langues et toute cette foule à Jérusalem, même les étrangers, les entendaient parler en leurs langues respectives les merveilles de Dieu.

L. : C’est cela le vrai sens de la Pentecôte. C’est au fond la naissance de l’Église, car à partir de ce jour les apôtres sortirent d’eux-mêmes et comme Jésus leur avait dit avant sa montée au ciel auprès de son Père, ils allèrent par le monde entier proclamer l’Évangile à toute la création. Et Jésus ajouta :"Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé…" (cf. Mc 16, 15-16).

P. : C’est précisément cela ce qui me paraît difficile : croire tout ce qu’on raconte de l’Esprit Saint. Je me rappelle ce qu’objectent ceux qui se manifestent plus réalistes, lorsqu’ils disent : "Je crois ce que je vois", faisant ainsi comme saint Thomas.

L. : Est-il vraiment sage de vouloir se montrer plus malin que Dieu qui nous a montré dans la personne de Jésus de quel amour il nous aime. Il voudrait que nous vivions éternellement heureux. Et Jésus n’avait-il pas répondu à Thomas : Parce que tu me vois, tu crois ? Heureux ceux qui croiront sans avoir vu (cf. Jn 20, 29).

P. : Merci d’avoir remué mes vieux souvenirs ! Peut-être que la Parole, la grâce de Dieu, auront un jour raison de moi. En tout cas : bon dimanche et bonne fête de Pentecôte.



[mis à jour le 22.05.10]

 

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