Bon Carême !

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“Peut-on vous souhaiter un bon Carême ?”

C’est ainsi que je m’adresse à une grande handicapée, proche de l’Arche… Puis, un peu tard, je me reprends : “Mais, A.–M., vous connaissez mieux que moi tout cela, la souffrance…” Sa réponse fuse : “Mais le Carême, ce n’est pas triste ! Chez nous, on veillera à la qualité de l’accueil, l’ouverture, le partage, le don : laissons germer l’espérance, qu’elle grandisse l’homme ! Libérons la Vie de Dieu !” Non pas étonné, mais ému et reconnaissant, je reçois son message et vous l’offre en partage. On y retrouve une version dynamique des trois colonnes du Carême : prière + aumône + jeûne, un chemin de vie pour une montée vers Pâques.

Pour un Carême “Ouvert” sur la Vie !

Remontons le chemin qui conduit à la source… Légers et libérés. Nous ferons route avec le “Fils prodigue” épuisé, mais qui tente sa dernière chance ; avec les “Pèlerins d’Emmaüs” en désespérance, bien que séduits par une présence ; le “bon Larron” s’est glissé dans le convoi de notre exil ; puis, avez-vous remarqué tant de visages inconnus de nos églises et institutions, et cependant d’une beauté accentuée par la quête de leur lieu de naissance ; parfois le cri rauque et rageur du menteur contraste avec l’attente voilée de ce Peuple de Dieu en marche, en exode vers une Pâque encore cachée mais déjà préparée.

Que Ta grâce inspire notre action, Seigneur, et la soutienne jusqu’au bout, pour que nos activités prennent leur source en Toi et reçoivent de Toi leur achèvement.
Prière d’ouverture, Jeudi après les Cendres.

Un peu d’humour ?

Souvent et facilement caricaturés – obèses, bonnes fourchettes et gourmands d’honneurs – ils ont bon dos ! En réalité, les chanoines réguliers cachent et cultivent – gauchement ? – des trésors d’Église et d’humanité : même si ces richesses de cœur et d’âme appartiennent aussi au bien commun tout court, ils trouvent “en nos terres” un terreau qui pourrait bien leur plaire. Prenons ce temps de Carême : en harmonie avec notre baptême et notre engagement religieux (« Je m’offre à l’Église … et promets la conversion de ma vie selon l’Évangile… »), il peut être considéré comme un temps fort canonial, tendu vers Pâques, et un temps privilégié de la construction de nos communautés. Le binôme “Contemplation et action” – dans lequel se croisent à l’infini les deux commandements nouveaux – donne la consistance et l’orientation de notre être et agir canonial. Notre itinéraire de Carême, même élaboré dans le secret du cœur et son intimité, ne restera pas enfoui dans notre jardin clos, mais tendra à s’intégrer à la marche de l’Église et des humains : c’est là aussi une sensibilité canoniale.

Est-ce à dire que nous ne crierons pas, à plein poumon : “Seigneur, prends pitié” ?!

“… Entourés d’une telle multitude de témoins… courons l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur Celui qui est l’initiateur de notre foi … Jésus.. Vous n’avez pas encore lutté jusqu’au sang dans la lutte contre le péché…” (Hébreux 12)

Un dernier conseil ?

On entre en Carême comme on s’embarquerait pour un pays inconnu, sans prévision ni calcul ; seulement un peu curieux de découvrir ce qui nous attend… et confiants ? Déjà l’aube de Pâques à l’horizon…



[mis à jour le 28.02.07]

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Au XIXe s., l’abbaye fut convertie en verrerie ; dans les ruines de l’église on établit les fours et les ateliers de fabrication ; dans une partie du couvent, on logea les familles d’ouvriers. (lire la suite)

 

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